25/04/2024
La dot est une notion difficilement définissable car elle est évolutive dans le temps et dans l’espace.
Chaque société a une conception de la dot bien définie et souvent différente des autres conceptions dans les autres pays.
• Dans la coutume maghrébine, il s’agit de la clef qui ouvre l’utérus (si ce barbarisme est permis).
• Au Sénégal d’aucuns disent que la dot est le prix d’achat de la femme tandis que d’autres estiment qu’elle est une compensation pour la famille du départ de la jeune fille et pour la mère qui l’a douloureusement engendré.
Mais toutes ces conceptions ne correspondent pas à l’esprit du législateur sénégalais qui prévoit que la dot est une propriété exclusive de la femme qui en a la libre disposition (art 132 al 2). En réalité, si c’était une compensation pour la famille (ou la mère), elle devrait en être la propriétaire mais ce n’est pas le cas d’après l’article précité.
En théorie, conformément à une loi archaïque de 1967, le montant de la dot ne doit pas dépasser 15.000 FCFA. Mais, dans la pratique les dots dépassent souvent le million. Ce témoignage d’amour a priori devient alors un supplice pour certains futurs époux.
C’est sans doute pour cette raisons que le législateur sénégalais n’en a pas fait une condition du mariage. En effet, le code de la famille sénégalais prévoit que les futurs époux sont libres de faire de la dot une condition de validité de leur mariage ou pas.
• S’ils en font une condition, sa violation sera une cause de nullité du mariage ou une cause de divorce.
• S’ils l’écartent, leur mariage sera parfaitement valable sans dot.