24/11/2020
Ce jour, j'ai obtenu la relaxe d'un homme poursuivi pour des violences corporelles sur un gendarme. Une excellente décision, alors qu'il encourait 5 ans d'emprisonnement pour ces faits.
Ce jugement a été rendu sur le fondement d'une vidéo de la scène. J'avais dû insister pour la faire visionner à l'audience par le Juge. On y voit que cet homme n'a jamais porté de coups au gendarme blessé. On y voit par contre un gendarme qui provoque délibérément l'individu, et décide seul d'en découdre avec lui.
Sans cette vidéo, le Tribunal aurait dû se fonder sur les seuls procès-verbaux des gendarmes pour prendre sa décision. Évidemment, ces rapports étaient en leur faveur, et le prévenu y passait pour une brute qui avait pour seule volonté de frapper le gendarme. On était bien loin de la réalité...
Autrement dit, sans cette vidéo qui contredit les rapports des forces de l'ordre, cet homme que je défendais aurait certainement été injustement condamné pour ces faits.
Avec la votée cet après-midi par l'Assemblée nationale, il faut savoir que ces images n'auraient certainement jamais pu être captées. Comment cet homme que je défendais aurait pu faire valoir ses droits ? Les forces de l'ordre nous protègent, mais sans ces moyens de preuve, qui nous protège des forces de l'ordre ?