12/12/2023
La Fédération des Barreaux d’Haiti, un instrument de domination aux mains du Barreau de Port-au-Prince.
Le conseil de l’ordre des avocats de Port-au-Prince une fois élu a pris un train de mesures en vue, disent-ils, de mettre de l’ordre dans la juridiction de Port-au-Prince. Parmi ces mesures, la feuille de route exigée pour postuler devant les cours et tribunaux demeure la plus abjecte.
D’abord, alors qu’il y a 5 cours d’appel pour 18 juridictions, le Barreau de Port-au-Prince fait sienne la Court d’appel de cette juridiction. Pareil pour le tribunal du travail.
Ils ont poussé leurs audaces à l’extrême lorsqu’ils menacent de fermer la porte des cabinets d’avocats etablis à Port-au-Prince dont les titulaires sont inscrits au Tableau de l’ordre des Barreaux autres que celui de Port-au-Prince.
Cela se passe sous le regard complice et impuissant de la FBH.
A coté de la motivation politique qui a guidé la création de la FBH et qui était donc son principal objet, la FBH devait :
- œuvrer au renforcement des Barreaux d’Haiti comme ordres professionnels indépendants.
- Entretenir entre les Barreaux des relations de coopération afin de constituer un forum approprié d’échange et de communication entre les Avocats d’Haiti, en vue du développement de la profession d’avocat.
Cependant on constate depuis sa création une inimitié sans cesse renouvelée du Barreau de Port-au-Prince à l’egard des autres Barreaux ce, avec le support infaillible de sa soeur siamoise La Fédération des Barreaux par le biais de son président.
Tellement vrai que lorsque le super Barreau de Port-au-Prince a osé de publier une note concernant un avocat qui n’est pas sur sa liste, la Fédération en fait un cas, Le cas de Caleb Jean Baptiste sans tenir compte des préjudices ça pourrait causer à me Caleb Jean Baptiste,Avocat militant et ex conseiller de l’ordre au Barreau d’Aquin.
- La Fédération devait etablir des relations privilégiées avec les Barreaux étrangers, associations et autres organisations d’avocats etrangers oeuvrant sur un plan regional et international.
Mais on constate que ces relations sont etablies uniquement au profit du Barreau de Port-au-Prince. Si tant est que les stages, les formations et les échanges organisés au profit d’Haiti sont bénéficiés par les avocats de Port-au-prince.
On comprend pourquoi le Barreau de Port-au-Prince se fait appeler Barreau d’Haiti à l’extérieur. Et encore une fois avec la complicité de la FBH, qui decide de taire la vérité pour des raisons inavouables.
Deux anecdotes illustrent de façon probante cet etat de fait:
1) Le département d’Etat finance la préparation suivie de la promotion d’un nouveau code pénal et de procédure pénale pour Haiti. Le partenaire a qui est confiée la tâche de faire la présentation des textes est la FBH. Tous les Barreaux sont invités à “ Le Plaza “ pour une première causerie autour des deux textes. Une fois à l’Hotel, il n’y a que la Bannière du Barreau de Port-au-Prince sur l’estrade. Et les prospectus préparés pour l’occasion invitent à une activité du Barreau de Port-au-Prince, l’unique Barreau d’Haiti.
La conference internationale des Barreaux à tradition juridique commune offre des formations en Europe aux avocats haïtiens, mais les seuls bénéficiaires sont inscrits au tableau de l’ordre des Avocats de Port-au-Prince (stagiaires et/ou militants). D’ailleurs au niveau de cette même conférence le Barreau de Port-au-Prince est appelé le Barreau d’Haiti. Et encore une fois avec la complicité de l’homme qui n’est pas à sa place.
Il faut croire que la Fédération des Barreaux d’Haiti a failli à sa mission. Car loin de constituer le ciment qui devait relier les Barreaux entre eux, ils les divisent en plaçant les intérêts de clans au dessus des intérêts de la profession dont le libre exercice en est le socle. La FBH qui s’apparente aujourd’hui à un parti politique, sait mieux limiter dans le temps le mandat d’un président élu que le mandat de son propre président ; la fédération sait limiter le nombre de dossier que doit avoir un avocat, sans pouvoir limiter les droits et devoirs de son Barreau père. La FBH n’a donc plus sa raison d’être.
Huit barreaux ont signé les statuts de la fédération pour des raisons que vous connaissez déjà. Aujourd’hui 17 autres Barreaux subissent une tyrannie outrancière d’un super Barreau avec la bénédiction de la FBH, vous attendez quoi pour dire non ?
Me Caleb Jean Baptiste
Port-au-Prince 11 decembre 2023