24/06/2024
'insanité d'esprit # Testament
Cour de cassation,1ère civ.,7 février 2024, n°22-12.115
Faits : Dans son testament rédigé un an et trois mois avant son décès, un homme avait consenti un legs à sa compagne.
Procédure : La compagne assigne la fille du défunt en délivrance de son legs.
La fille du défunt rétorque par une demande reconventionnelle en nullité du legs pour insanité d’esprit. Cette dernière apporte différents éléments de preuves : un certificat médical établit plus d’un an après la rédaction du testament attestant que le testateur avait eu un accident vasculaire cérébral passé inaperçu lors de la rédaction du testament, ainsi que l’existence de coquilles dans ce dernier.
La légataire forme un pourvoi en cassation déclarant que les éléments ne caractérisent pas l’insanité d’esprit.
Cependant, la Cour d’appel énonce que les éléments rapportés par la fille du défunt pouvaient caractériser l’insanité d’esprit.
Solution : La Cour de cassation casse l’arrêt d’appel au motif que l’insanité d’esprit ne peut être caractérisée au vu des éléments.
Critiques :
Dans la majorité des cas, l’héritier qui conteste la validité du testament en recherche la nullité en invoquant l’insanité d’esprit du testateur se voit débouté de sa demande. En effet, la Cour de cassation exerce un contrôle sur les éléments présentés par les parties, et vérifie leur fondement.
La Cour de cassation énonce qu’il est nécessaire de démontrer que lors de la rédaction du testament le testateur n’avait pas toutes ses facultés mentales. Cela peut être rapporté par la qualité de l’écriture ou encore la cohérence des dernières volontés exprimées pouvant être corroborés par un certificat médical, par exemple.
De plus, les coquilles présentent dans le testament sont elles aussi jugées comme insuffisantes car étant seulement des erreurs de formes.
En l’espèce, les éléments rapportés ont été jugé par la Cour de cassation comme étant insuffisants pour caractériser l’insanité d’esprit en raison de la date du certificat médical postérieur à la rédaction du testament.
Elsa PLAZANET et Juliette SOUQUET-BASIEGE, stagiaires, Faculté de droit de Toulouse