22/07/2026
Piqure de rappel sur la responsabilité pécuniaire du salarié à l'égard de son employeur :
La faute commise par un salarié dans l’exécution de ses obligations contractuelles peut justifier un licenciement. En revanche, elle ne permet pas d’obtenir automatiquement sa condamnation à réparer financièrement le préjudice subi par l’employeur. En effet, devant le juge civil, l’engagement de la responsabilité pécuniaire du salarié ne peut être obtenu qu’en présence d’une faute lourde. C’est ce que vient de rappeler la Cour de cassation dans une décision rendue le 24 juin 2026 (n°24-19.577). Un simple manquement, voire une faute grave, ne suffisent pas pour engager la responsabilité pécuniaire du salarié La responsabilité financière d'un salarié envers son employeur ne peut être engagée devant le juge civil qu'en cas de faute lourde, caractérisée par l’intention de nuire à l’employeur, à l’entreprise ou à ses dirigeants. Il faut donc pouvoir caractériser la volonté du salarié de porter préjudice à son employeur. En pratique, l’intention de nuire est rarement reconnue par les magistrats. Cette règle ne peut pas être contournée en insérant une clause de responsabilité pécuniaire dans le contrat de travail, celle-ci restant inapplicable sans faute lourde.
Devant le juge pénal, le seul fait que le salarié soit reconnu coupable d’une infraction pénale à l’origine du préjudice de l’employeur suffit à ouvrir droit à réparation.