08/04/2016
La GIPA constitue –t-elle un ensemble de mesures innovantes ?
La loi de finances de la sécurité sociale 2016 généralise la garantie des impayés de pensions alimentaires (GIPA), à compter du 1er avril 2016, et instaure les innovations suivantes :
D'une part, cette mesure permet au parent bénéficiaire d'une contribution à l'entretien et l'éducation de l'enfant de solliciter, dès le premier mois d’impayé, le versement de l’allocation de soutien familial, par la caisse d’allocations familiales, d’un montant mensuel de 104.75 € par enfant.
D'autre part, elle permet en outre de compléter une pension alimentaire qui serait inférieure à la somme de 104.75€, soit que le montant fixé par le juge soit plus faible que cette somme, soit que le parent tenu d'une telle pension ne la règle que de façon partielle.
Ceci, à l'évidence, constitue une avancée sur plusieurs points :
Ceci permet au parent bénéficiaire de pouvoir bénéficier d'une garantie plus rapidement en cas d'impayé, le système antérieur exigeait une carence de deux mois dans le versement de la pension alimentaire avant de pouvoir être activé.
Par ailleurs, ceci permet au juge de fixer de petites pensions alimentaires, mêmes symboliques afin de responsabiliser les parents, sans compromettre les sommes perçues par les bénéficiaires. En effet, le système antérieur encourageait à constater des situations d'impécuniosité sous prétexte que le parent soumis au versement n'avait pas les moyens d'acquitter une pension alimentaire d'une centaine d'euros par mois, et faisait au final intégralement reporter sur la solidarité nationale la charge du versement des contributions pour les enfants.
Cette mesure n’est pourtant pas exempte de limites :
Tout d’abord, le parent bénéficiaire ne doit pas se remettre en couple ou vivre en concubinage, car l’allocation de soutien familial lui serait alors supprimée, faisant reporter, de fait, cette charge sur le nouveau conjoint.
Ensuite, la GIPA permet de pallier à une absence de versement de la pension, ou à un paiement partiel mais demeure limitée au plafond de 104.80€, ne permettant pas de percevoir le paiement d’une pension complète d’un montant supérieur.
Enfin, la mesure risque, à l'inverse, de déresponsabiliser les bénéficiaires, désormais bien protégés, et de les pousser à ne pas engager de démarches de recouvrement ou de dépôt de plainte en abandon de famille.