08/03/2026
Violences sexuelles : le silence ne vaut pas consentement.
Une décision récente de justice rappelle un principe fondamental :
le fait de se taire, de ne pas s’opposer ou de se laisser faire ne constitue pas un consentement libre et éclairé.
Lorsqu’une relation sexuelle est obtenue sous l’emprise d’une autorité morale, spirituelle ou psychologique, le consentement peut être considéré comme vicié.
Dans cette affaire, la victime était mineure (16 ans) au moment des faits. L’agresseur, prêtre et accompagnateur spirituel, avait 36 ans de plus qu’elle. La position d’autorité et la relation d’influence ont été au cœur de l’analyse judiciaire.
Cette décision rappelle une réalité essentielle :
de nombreuses victimes restent longtemps silencieuses sous l’effet de la peur, de la honte ou de l’emprise.
La justice peut reconnaître ces mécanismes.
En tant qu’avocate au Barreau de Martinique, intervenant dans l’accompagnement des victimes et l’indemnisation des préjudices corporels, je mesure chaque jour combien l’accès au droit et la libération de la parole sont essentiels.
Jugé par la cour criminelle de Fort-de-France, l’ancien prêtre martiniquais Patrick Phanor-Lange a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle pour viol aggravé sur un adolescent de 16 ans. Des faits commis en 2019 et dénoncés au diocèse en 2022.