13/03/2019
Pour une fois, nous allons grogner. Après tout, on est sur Facebook non ? En France, pour aider les gens qui n'ont pas de sous, il y a l'aide juridictionnelle (AJ). Ceux qui en bénéficient ne paient pas leur avocat. Celui-ci est indemnisé par l'Etat, selon un système forfaitaire, par type de procédure, étant précisé qu'en cas d'aide juridictionnelle totale, l'avocat ne peut rien percevoir de son client, pas même des frais de déplacement. L'aide juridictionnelle, elle fonctionne aussi à Wallis et Futuna (oui, c'est classe d'avoir des clients à Wallis et Futuna ;) ). Il y a même de jolis décrets et directives destinés à faciliter l'accès à l'AJ pour les walisiens, leur niveau de vie moyen étant particulièrement modeste. Jusque-là, tout va bien me direz-vous. Sauf que .... Sauf qu'il n'y a pas d'avocat à Wallis et Futuna ! Pour en trouver, il faut aller à Nouméa, en Nouvelle Calédonie. Or, un vol entre Nouméa et Wallis coûte entre 300 euros 700 euros. Vu le montant des indemnités d'AJ, c'est donc l'avocat qui, non content passer une ou deux journées à défendre ses clients sur place, doit payer de sa poche pour travailler. En effet, dans la grande majorité des procédures, l'indemnisation des avocats ne dépasse pas les 300 euros. Au final, bien souvent, les walisiens doivent se débrouiller tous seuls. Pourtant l'article 6.3.c de la Convention Européenne des Droits de l'Homme ne dit-il pas que "Tout accusé a droit notamment à avoir l’assistance d’un défenseur de son choix et, s’il n’a pas les moyens de rémunérer un défenseur, pouvoir être assisté gratuitement par un avocat d’office" ? Misère ...