04/05/2026
Il arrive parfois que l’on me demande : « Maître, puis-je vendre sans établir les diagnostics techniques immobiliers ? »
Je réponds systématiquement « non » à cette question.
Certes, j’en comprends parfaitement les raisons. Le plus souvent, il s’agit de réaliser des économies même si cela n’est pas toujours formulé ainsi.
Le vendeur croit, à tort, faire une bonne opération et espère parfois trouver chez le notaire une oreille complaisante pour la valider.
L’acquéreur, de son côté, pense peut-être se concilier les bonnes grâces du vendeur.
Pourtant, croyez-moi, même si c’est humain, l’enjeu ne justifie absolument pas les risques encourus… car pour contracter valablement, encore faut-il s’engager en connaissance de cause sur un bien et sur un prix compte tenu de son état !
On n’achète pas un immeuble à l’aveugle. Cela paraît évident... et pourtant, acheter sans diagnostics revient exactement à ça !
Selon l’âge et la destination du bien, il est indispensable de connaître la présence éventuelle de plomb et d’amiante, la performance énergétique, l’état de l’installation électrique et de gaz, l’état du système d’assainissement etc.
A défaut :
❌l’information précontractuelle est défaillante ; les diagnostics immobiliers sont en effet des informations déterminantes du consentement de l’acquéreur.
❌ Le délai de rétractation de 10 jours ne peut pas être purgé régulièrement faute d’information complète (si le bien est destiné à un usage d’habitation et que l’acquéreur n’est pas un professionnel de l’immobilier).
❌ La détermination du prix devient elle-même incertaine car même si le prix demeure la loi des parties, il doit forcément tenir compte aussi de l’état objectif de la chose vendue.
⚠️ Et surtout le vendeur s’expose directement à la garantie des vices cachés avec une clause d’exonération inopérante dans un tel contexte (voir à ce sujet mon post du 17 décembre 2025).
👉 En pratique, s’affranchir de la production des diagnostics immobiliers, c’est fragiliser l’acte de vente dans son ensemble.
❌ Un acquéreur mal informé peut intenter une action en diminution du prix ou en résolution de la vente contre le vendeur (en cas de vices cachés).
❌ Il peut aussi intenter une action en annulation (si le vice du consentement est établi).
Les conséquences peuvent alors être particulièrement lourdes pour le vendeur, lequel peut être contraint de restituer tout ou partie du prix de vente avec des effets particulièrement sensibles s'il a déjà réinvesti le prix.
Les juges ne font généralement aucun cadeau au vendeur négligent. L'imprudence de l'acquéreur n'est pas retenue comme une forme de circonstance atténuante surtout s'il s'agit d'un non professionnel de l'immobilier.
Alors, toujours tenté par ce type d’économie ? 🤔