17/02/2026
𝗦𝗽𝗼𝗿𝘁 𝗲𝘁 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲
La neutralité est un principe ; sa mise en œuvre est plus complexe.
L’actualité récente des Jeux de Milan-Cortina 2026 rappelle combien la frontière entre le sport et la politique demeure fragile.
Ces dernières semaines l’ont illustré : sanctions individuelles, déclarations de responsables politiques, débats sur la participation des États à des compétitions internationales.
Le sport évolue aujourd’hui dans un environnement géopolitique particulièrement tendu.
Le principe de neutralité est clair : les instances sportives ne sont pas des acteurs politiques.
Mais le sport ne peut pas s’abstraire totalement du contexte international dans lequel il s’inscrit.
La décision rendue par la Division ad hoc du Tribunal arbitral du sport lors des Jeux d’hiver 2026 apporte un éclairage intéressant.
Le TAS y rappelle que la liberté d’expression des athlètes est un droit fondamental garanti aux Jeux olympiques.
Mais il précise également que cette liberté connaît des limites sur le terrain de compétition, afin de préserver la focalisation sur la performance sportive.
Autrement dit : la liberté existe, mais elle s’exerce dans un cadre.
Cela n’enlève rien à la portée des engagements personnels ni à la force des combats individuels qui peuvent les motiver.
Mais le cadre institutionnel demeure applicable à tous.
Une distinction me paraît essentielle.
Les prises de position des dirigeants d’un État ne devraient pas, en elles-mêmes, entraîner de conséquences ni de sanctions à l’égard d’athlètes individuels.
En revanche, lorsqu’un athlète choisit d’exprimer une position personnelle dans le cadre d’une compétition, il entre dans un environnement réglementé, soumis à des règles de neutralité et de discipline applicables à tous.
Le défi n’est pas d’opposer le sport et la politique.
Il s’agit de maintenir un équilibre entre la liberté d’expression des athlètes, la responsabilité individuelle et le cadre institutionnel des compétitions.
La question n’est plus de savoir si le sport est politique.
Il s'agit de déterminer qui, juridiquement, en assume les conséquences.
Court of Arbitration for Sport (CAS)
International Olympic Committee – IOC
FIFA