17/08/2026
155 millions d’euros : c’est le montant de la condamnation qui relance le débat sur la saisie des biens liés à un État étranger.
En droit français, un créancier muni d’un titre exécutoire peut, dans certains cas, tenter une mesure d’exécution sur les biens d’une entité distincte de l’État débiteur. Encore faut-il démontrer plusieurs critères cumulatifs : absence d’indépendance fonctionnelle suffisante, défaut d’autonomie de droit et de fait, et confusion patrimoniale avec l’État. 📌.
L’apport majeur de la décision est ailleurs : même lorsque ces critères paraissent réunis, la qualification d’émanation de l’État doit être écartée si elle compromet les objectifs d’un mécanisme mis en place par l’Union européenne. Autrement dit, l’analyse ne s’arrête plus à la structure de l’entité ; elle intègre aussi la finalité du dispositif européen concerné.
Pour les praticiens, la conséquence est directe : l’examen doit désormais être mené sur deux plans, national et européen. Cette approche modifie la stratégie contentieuse en matière d’exécution forcée, de défense des entités publiques et d’analyse du risque de saisie. Un sujet qui va clairement nourrir la pratique des prochains mois.
L’émanation de l’État à l’épreuve du droit de l’Union européenne : vers une limitation fonctionnelle de l’immunité d’exécution