24/05/2026
Emmanuel Pierrat :
« Quel plaisir de trouver au courrier le nouveau livre de l’ami sociologue et essayiste Michel Maffesoli intitulé « Mes tribus. Souvenirs, pensées, rencontre » (Éditions du Cerf), un texte de mémoires plus que vif et enlevé !
J’ai même eu la joie, en le finissant ce matin, de m’y trouver élégamment mentionné à propos d’une affaire judiciaire dans laquelle Michel m’avait demandé conseil, comme il le raconte avec verve et talent.
Je me suis aussi délecté des pages où Michel en profite pour régler son compte à l’idéologue aussi ingrat qu’intégriste Didier Eribon (dont j’ai été plus que proche il y a 35 ans avant de me brouiller avec lui puis, à tort, de me réconcilier jusqu’à un coup de poignard dans le dos, très peu élégant », au cours duquel ce penseur auto-proclamé et mondain avéré - qui m’a souvent sollicité, comme un miséreux, pour plaider pro-bono - m’a traité de « mâle blanc dominateur » qui méritait son sort lorsque je lui ai demandé une courte attestation pragmatique lors du premier confinement…
Michel raconte avec drôlerie et recul comment, alors membre du Conseil National des Universités, il a aidé vers 2005 ce « simple » journaliste, et ce malgré leurs positions divergentes, par amour du débat et de la liberté de penser, à devenir Maître de conférences et à obtenir un poste à l’université d’Amiens.
L’intéressé s’y est peu investi (sauf pour Édouard Louis qu’il y a « repéré »…), mais a surtout totalement omis de dire, dans une récente et vaniteuse « Socio-Biographie » - en désormais « LFIste » de la ligne la plus dure -, ne serait-ce qu’un mot de remerciement, alors qu’il est allé à l’époque en cravate de courtisan présenter ses hommages à Michel. Je peux pourtant témoigner de l’investissement décisif de Michel en faveur de la candidature d’Eribon que les autres bourdieusiens ou bourdivistes (pauvre Pierre Bourdieu que j’ai tant aimé défendre en justice dont les « disciples » et pseudo-héritiers sont aussi peu à la hauteur..) lui barraient la route…
Bref, un essai autobiographique instructif et intelligents d’un homme libre et éclectique de 81 ans, à condition de savoir le lire sans œillère, comme on devrait le faire en démocratie… »