31/03/2023
Une nouvelle rassurante sur le front du Licenciement économique des Salariés : les règles du Contrat de Sécurisation Professionnelles sont reconduites et les indemnités versées restent privilégiées...
Le CSP va être prolongé et protégé de la contracyclicité de l'assurance chômage : https://rfsocial.grouperf.com/actu/51747.html
La convention de 2015 sur le contrat de sécurisation professionnelle (CSP), qui arrive à échéance le 31 mars 2023, va être prorogée jusqu’à la fin de l’année (et celle de 2018 pour Mayotte). Deux avenants signés à cet effet par les partenaires sociaux ont été envoyés au ministère du Travail pour agrément. Par ailleurs, la convention sur le CSP sera modifiée afin d’en préserver les règles spécifiques d’indemnisation et de les exclure du mécanisme de modulation de l’assurance chômage entré en vigueur le 1er février 2023.
Prolongation du dispositif du CSP jusqu’au 31 décembre 2023
Pour rappel, le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) est un dispositif que les entreprises de moins de 1 000 salariés, ainsi que les entreprises en redressement ou liquidation judiciaire quel que soit leur effectif, doivent proposer aux salariés dont le licenciement économique est envisagé.
Le CSP consiste en un parcours de retour à l’emploi du salarié, avec des mesures d’accompagnement renforcé et personnalisé et des périodes de formation et de travail, le cas échéant au moyen d'une reconversion ou d'une création ou reprise d'entreprise.
Pendant la durée du CSP, le bénéficiaire perçoit une allocation de sécurisation professionnelle (ASP) (c. trav. art. L. 1233-65 à L. 1233-70).
Les modalités d’application de ce dispositif sont fixées par deux conventions interprofessionnelles du 26 janvier 2015 et du 17 juillet 2018 (spécifique à Mayotte), qui font régulièrement l’objet d’avenants de prolongation.
En dernier lieu, les conventions sur le CSP ont été prolongées jusqu’au 31 mars 2023 (arrêté du 24 janvier 2023, JO du 27, texte 2 ; voir notre actu du 30/01/2023 « La convention sur le CSP est prolongée jusqu'au 31 mars 2023 »). Elles arrivent donc à échéance.
Deux avenants signés par les partenaires sociaux, qui seront prochainement agréés par le ministère du Travail, prévoient de prolonger le CSP jusqu’au 31 décembre 2023 (avenant n° 7 à la convention de 2015 et avenant n° 4 à la convention de 2018).
Sécurisation du dispositif du CSP pour l’exclure du mécanisme de modulation de l’assurance chômage
Le dispositif du CSP suit des dispositions particulières en matière d'accompagnement, de financement et d’indemnisation des bénéficiaires.
L’avenant n° 7 prévoit d’adapter la convention de 2015 compte tenu de l’entrée en vigueur le 1er février 2023 du mécanisme de modulation de l’assurance chômage, dit de contracyclicité.
Selon ce mécanisme, la durée d'indemnisation du chômage varie en fonction de la situation de l'emploi. C’est ainsi que, compte tenu de la situation actuelle, la durée d’indemnisation a été réduite de 25 % pour les fins de contrat intervenues à partir du 1er février 2023 (décret 2023-33 du 26 janvier 2023, JO du 27 ; voir notre actu du 01/02/2023 « Assurance chômage : la réduction de la durée d'indemnisation en vigueur au 1er février 2023 »).
Les dispositions de la convention de 2015 relatives à la détermination et à la durée de versement de l’ASP (conv. art. 15 et 16) seront ainsi modifiées afin d’assurer le maintien des règles spécifiques et de les exclure du dispositif de modulation.
Ces modifications seront applicables aux salariés visés par une procédure de licenciement économique engagée à compter du 1er février 2023.
À noter : Mayotte relève d’un régime d’assurance chômage à part, qui ne prévoit pas l’application du mécanisme de modulation. La convention de 2018 n’a donc pas besoin d’être modifiée sur ce point.
Renforcement de l’information des bénéficiaires du CSP
Du fait de ces évolutions du régime d’assurance chômage, l’avenant n° 7 prévoit également de modifier la convention de 2015 pour renforcer l’information que Pôle Emploi doit fournir aux bénéficiaires ou futurs bénéficiaires du CSP sur les nouvelles modalités d’indemnisation du chômage en amont de l’adhésion et sur des éventuels droits à chômage en amont de la sortie du dispositif (conv. art. 4 § 1 et art. 27 § 2).
Ainsi, en amont de l’adhésion au CSP, lors de l’entretien d'information réalisé par Pôle Emploi pendant le délai de réflexion de 21 jours, dont bénéficie le salarié afin d’être éclairé sur son choix, les informations suivantes devront, notamment, lui être communiquées :
-montant de l’ASP et durée d’indemnisation en cas d’adhésion au CSP ;
-modalités d’indemnisation en allocation de chômage « classique » (ARE), le cas échéant, en sortie de CSP (montant et durée prévisionnelle après imputation du CSP).
Par ailleurs, 30 jours au moins avant le terme prévisionnel du CSP, le bénéficiaire devra être informé par courrier sur ses droits à indemnisation chômage :
-la durée du droit ARE restant au terme prévisionnel du CSP, déterminée en jours calendaires, après imputation du nombre de jours indemnisés au titre de l'ASP ;
-le montant journalier de l’allocation servie au terme du CSP, et, le cas échéant, la baisse pouvant en résulter ;
-le point de départ prévisionnel de l’indemnisation en ARE ;
-la possibilité d’une nouvelle ouverture de droits ou d’un rechargement, au titre des activités occupées postérieurement à la fin de contrat de travail ayant donné lieu à adhésion au CSP.
Dans le cas où aucune indemnisation chômage n’est possible à l’issue du CSP, l’intéressé devra également en être informé par courrier au moins 30 jours avant le terme prévisionnel du CSP.
Cumul de l’ASP avec des revenus professionnels pour les salariés ayant plusieurs emplois
L’avenant n° 7 prévoit enfin de modifier la convention de 2015 (art. 12) afin de permettre à un salarié, qui exerce plusieurs emplois et qui se verrait proposer un CSP au titre de la perte d’un de ses emplois, de continuer à exercer pendant son CSP des activités professionnelles « conservées » (voir ci-dessous), dès lors qu’elles sont compatibles avec le projet de reclassement.
Le bénéficiaire du CSP pourra cumuler intégralement les rémunérations professionnelles issues des activités conservées avec son ASP. Notons que cette règle joue déjà concernant l’indemnisation du chômage.
Cette mesure s’appliquera aux salariés visés par une procédure de licenciement économique engagée à compter du 1er novembre 2023.
À noter : l’activité est considérée comme « conservée » si elle a été effectivement exercée concomitamment à l’activité perdue et si la rémunération de cette activité a effectivement été cumulée avec les revenus issus de l’activité perdue (article 33 du règlement d’assurance chômage).
Les sources : Avenant n° 7 du 15 mars 2023 à la convention CSP du 26 janvier 2015https://revuefiduciaire.grouperf.com/plussurlenet/complements/20230330_projetavenant7CSP.pdf ;
Avenant n° 4 du 15 mars 2023 à la convention CSP (Mayotte) du 17 juillet 2018https://revuefiduciaire.grouperf.com/plussurlenet/complements/20230330_Projetavenant4CSPMayotte.pdf