04/06/2026
🐴 Jurisprudence du jeudi en droit équin : accident équestre, morsure d’un enfant en écurie : absence de faute de la victime de 8 ans.
Un enfant de 8 ans, venu assister à un spectacle équestre avec un adulte, visite les écuries ouvertes en accès libre par la société organisatrice et s'approche d'un box pour caresser le cheval.
Avant même de l'avoir touché, le cheval se retourne brusquement et le mord à la main droite, entraînant l'amputation d'une phalange.
La société organisatrice invoque la faute d'imprudence de l'enfant pour obtenir un partage de responsabilité à hauteur de 50 %, l’enfant ayant été blessé après avoir introduit sa main dans le box fermé du cheval alors que cela était interdit par les consignes orales données par le personnel et par le panneau figurant sur la porte.
Le tribunal écarte la faute de l'enfant et retient la responsabilité intégrale de la société gardienne du cheval sur le fondement de l'article 1243 du Code civil.
Deux motifs sont évoqués :
- la réalité des consignes de sécurité n'est pas valablement démontrée, leur existence ne figurant ni dans le constat contradictoire signé deux jours après l'accident, ni dans les attestations des témoins, à l’exception de celle d’une employée de la société défenderesse.
- un enfant de 8 ans appartenant à un public familial ne commet pas d'imprudence fautive en tentant de caresser un cheval qu'il vient de voir en spectacle. Il ne peut en soupçonner la dangerosité.
Une provision de 3 000 € est accordée avant expertise médicale.
À retenir : La preuve des consignes de sécurité ne peut résulter du seul témoignage d'un employé de la société défenderesse. Elle doit notamment être corroborée par des éléments objectifs contemporains des faits, et non par des photographies prises à une date indéterminée.
📌 TJ Béziers, 20 avril 2026, n° 24/02115