22/07/2026
DROIT DE LA FAMILLE
Droit de la famille — Violences conjugales : pas besoin d'avoir vécu ensemble pour aggraver la peine
La chambre criminelle de la Cour de cassation, dans un arrêt du 28 janvier 2026, apporte une précision majeure sur la notion de concubin en matière de violences conjugales.
En droit pénal, commettre des violences sur son concubin ou ex-concubin constitue une circonstance aggravante entraînant une peine plus lourde. Mais une question demeurait en suspens : fallait-il avoir partagé un toit pour que cette aggravante s'applique ?
La Cour tranche clairement : non. Elle consacre une conception dite substantielle du concubinage puisque ce qui compte, c'est la réalité de la relation, sa stabilité et sa continuité, qu'elle soit passée ou présente, avec ou sans domicile commun. En cela, elle s'écarte de la vision civiliste traditionnelle, héritée de la formule napoléonienne selon laquelle « les concubins se passent de la loi, la loi se désintéresse d'eux » : le droit pénal, lui, ne se désintéresse plus.
Concrètement, un auteur de violences ne peut plus invoquer l'absence de cohabitation ou la fin de la relation pour échapper à l'aggravation de sa peine.
Une décision protectrice, qui ferme une porte de sortie trop souvent utilisée et reconnaît la réalité des couples informels comme terrain d'application à part entière du droit pénal.
Ce qu’il faut retenir : Il n’est plus nécessaire de cohabiter avec son concubin afin que le concubinage constitue une circonstance aggravante.
Vous êtes victime de violences conjugales, qu'il y ait eu ou non vie commune ? Cette décision renforce vos droits. L'absence de domicile partagé ne prive pas votre situation de la protection pénale renforcée. Un avocat peut vous accompagner pour qualifier les faits, déposer plainte dans les meilleures conditions et faire valoir l'aggravante devant les juridictions compétentes.
Cass. crim., 28 janvier 2026, n° 25-80.641, publié au bulletin