23/02/2026
Lettre à Monsieur Monsieur Frédéric Bierry
Président de la Collectivité européenne d’Alsace
Objet : 4e de couverture magazine
Monsieur le Président,
Ces derniers jours ont été émaillés de réactions à la communication dont vous êtes responsable dans la feuille d’information de la CeA auprès des habitants des deux départements.
Si la CFDT ne souhaite pas polémiquer sur cette 4e de couverture, il convient de reconnaître que certaines réactions sont non seulement légitimes, mais encore insuffisantes dans leur critique.
En effet, ce courrier souhaite rappeler en quoi les modalités et la publication de cette communication sont particulièrement problématiques et délétères, pour l’organisation de la collectivité mais aussi l’expression démocratique de nos concitoyens.
Rappelons tout d’abord que l'objectif de la publication est extrêmement questionnante : outre le rappel aux années 30 et le choix plus que douteux des couleurs, éléments relevés par l’historien Georges Bischoff (voir article dans l’Alsace du 11 février), l’intention de cette publication est excessivement gênante. Si le magazine Alsace peut bien évidemment faire la promotion des réalisations de la collectivité, cette publication n’est pas un organe de communication idéologique. La CFDT ne peut que constater la prise en otage d’un organe de communication institutionnelle et le voir se dévoyer en manifeste identitaire. En outre, en ces temps contrariés de méfiance institutionnelle généralisée, la CFDT ne se cache pas derrière son petit doigt pour ne pas interroger la pertinence d’une motivation identitaire qui n’a jamais fait l’objet d’une consultation citoyenne digne de ce nom depuis le référendum de 2013 (faut-il rappeler le résultat ?) auprès des Alsaciennes et des Alsaciens, malgré les arguments amphigouriques invoqués ci et là.
Le coût ensuite de cette communication : de 10 000 à 20 000 bendele auraient été commandés. La CFDT vous demande sur quels budgets ont été commandés ces artefacts ? Il serait intolérable de constater que de l’argent public ait été dévolu à ce projet idéologique.
Enfin, si cette publication s’avère être effectivement une production des services de communication interne, la partie liée à une promotion idéologique d’un manifeste politique ne saurait être acceptable, d’autant plus si des fonctionnaires de la CeA ont dû être mis à contribution. L’argent public est le bien commun, faut-il le rappeler ? Et cette mise à disposition d’agents au profit d’opinions politiques totalement décorrélées du service public que se doit tenir la CeA est plus que préoccupante.
Dans l’attente de vous relire afin d’éclairer ces points les plus questionnants,
Veuillez agréer nos sincères salutations,
Caroline Tal-Schumm
Secrétaire Générale
CFDT INTERCO DU HAUT-RHIN