31/08/2026
La fraude bancaire : la banque ne peut plus se réfugier derrière la technologie
En matière d’opérations de paiement contestées, l’existence d’un dispositif d’authentification forte ne constitue pas, à elle seule, une preuve suffisante. Les décisions parisiennes de juillet 2026 replacent la charge probatoire au centre du contentieux bancaire.
Sur le fondement de l’article L. 133-23 du Code monétaire et financier, il appartient à la banque d’établir concrètement que l’opération litigieuse a été authentifiée, correctement enregistrée et exempte de déficience. La conformité abstraite du système ne suffit donc pas : l’établissement doit pouvoir produire les éléments techniques propres à l’opération contestée. À défaut, l’argument tiré de la négligence grave du client ne permet pas de combler cette carence probatoire.
La portée pratique est forte : journaux techniques, preuve d’enrôlement d’un appareil, SMS de validation et traçabilité des authentifications deviennent des pièces décisives. Pour les praticiens, la contestation doit désormais porter prioritairement sur la preuve du fonctionnement effectif du dispositif, avant même le débat sur le comportement du client.
Source : CA Paris, 2 juillet 2026, RG n° 25/11923 ; TAE Paris, 2 et 3 juillet 2026, RG n° 2024064685 et n° 2026000042.