28/04/2026
⚠️ Donation de parts sociales : le don manuel, c’est fini — et c’est nul !
La Cour de cassation a rendu le 11 février 2026 un arrêt majeur (n° 24-18.103, publié au Bulletin) qui clôt définitivement le débat.
La règle est simple :
Le don manuel repose sur une tradition réelle — c’est-à-dire la remise physique et irrévocable du bien de la main à la main. Cette remise n’est juridiquement possible que pour des biens corporels, ou par exception pour des titres négociables (actions de SA ou SAS), dont le virement de compte à compte vaut tradition.
Les parts de SCI, SARL SNC ou SCPI ne sont pas des titres négociables.
Elles sont insusceptibles de toute remise matérielle. Le don manuel y est donc structurellement impossible. L’article 931 du Code civil s’applique sans exception : toute donation doit être passée devant notaire, à peine de nullité absolue.
⚠️ L’erreur classique à éviter
Beaucoup pensent qu’enregistrer un formulaire de don manuel (cerfa 2735) auprès de l’administration fiscale suffit à valider la transmission. C’est une confusion dangereuse : le fisc encaisse les droits de donation, mais il ne valide pas la validité juridique de l’acte. Civilement, la donation reste nulle.
Les conséquences peuvent être désastreuses :
• Un héritier peut demander l’annulation de la donation au moment du décès
• Le bénéficiaire peut se voir privé de sa qualité d’associé et de tout recours
• La nullité est absolue : elle ne peut pas être régularisée a posteriori
• Une nouvelle donation notariée devra être refaite, à la valeur du jour — sans effet rétroactif
✅ La seule solution : l’acte notarié
Au-delà de l’obligation légale, le notaire garantit la sécurité de toute la transmission : respect des droits des héritiers réservataires, analyse du régime matrimonial, clauses d’usufruit, de retour conventionnel, etc.
Si vous avez transmis ou reçu des parts de SCI ou de SARL par simple acte sous seing privé ou formulaire fiscal, faites vérifier la situation sans attendre.