26/05/2026
Demain, priver un enfant de son droit de voir un parent ne serait plus un délit
Dépénaliser la non-représentation d’enfant.
Autrement dit : banaliser, que dis-je ! Autoriser le fait pour l’un des parents d’empêcher l’enfant de voir son autre parent.
C’est ce qui semble se jouer actuellement dans l’esprit du législateur.
Je suis consternée rien qu’à cette idée.
Aujourd’hui déjà, combien de parents victimes de non-représentation d’enfants repartent d’un commissariat de police en ayant déposé une plainte qui sera classée sans suite ?
Combien se battent pendant des mois pour obtenir une condamnation en justice ?
Combien doivent encore se battre pour obtenir l’exécution de la décision ?
Combien d’enfants grandissent dans une rupture de lien organisée, installée, subie ?
Et voilà que maintenant, l’on envisagerait de supprimer la qualification pénale de cette infraction!
Mais quel message peut-on bien vouloir envoyer?
Qu’empêcher un enfant de maintenir ses liens avec l’un de ses parents ne serait pas suffisamment grave pour être sanctionné pénalement ?
Naturellement, je parle ici des situations où aucun danger réel n’existe pour l’enfant.
Je parle de ces dossiers où l’un des parents efface arbitrairement l’autre de la vie de l’enfant, sous des prétextes volontairement malveillants ou inconsciemment faux, parfois graves, imaginaires.
Parce que je sais que cela existe.
Dans ces dossiers, le temps est criminel : il gâche tout.
Le lien parental.
L’enfance.
La foi dans la justice.
L’autre parent malveillant est le complice auquel profite le crime.
Derrière une non-représentation d’enfant, il y a un enfant pris au piège d’un conflit de loyauté et d’un parent progressivement effacé.
Dépénaliser ce n'est pas apaiser.
C’est légaliser une injustice.
C’est attiser une colère légitime.
Ce n’est pas enrayer le problème.
C’est retirer aux victimes un levier déjà fragilisé.
C’est envoyer ouvertement un signal d’impunité aux parents qui instrumentalisent l’enfant contre l’autre parent.
Protéger l’intérêt de l’enfant, ce n’est pas détourner le regard lorsque l’un des parents est volontairement exclu de sa vie.
Le droit de l’enfant à maintenir des relations avec ses deux parents ne peut pas devenir un principe théorique sans garde-fou légal en cas de violation de ce droit.
Le droit d’un parent à aimer, élever, voir grandir normalement son enfant n’est pas une option soumise au bon vouloir de l’autre parent lorsque ce parent ne représente aucun danger pour l’enfant.
J’ai beau tourner ce projet dans tous les sens, je ne parviens pas à accepter qu’une non-représentation d’enfant puisse passer entre les mailles du filet lorsqu’elle est abusive.
Parce que derrière ces changements de loi, derrière chaque décision inexécutée, chaque classement sans suite, c’est un lien parent-enfant qu’on sacrifie.
Or, ce lien est sacré.
Pour l’enfant.
Pour les parents.
Pour la société.
Et cela, aucune société ne devrait se résoudre à le tolérer.
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