16/06/2026
🧭 Entre la parole et le jugement, il y a une frontière.
Et cette frontière s’appelle l’État de droit.
J’ai eu l’honneur d’être interrogée par Le Dauphiné Libéré sur une question aussi sensible que brûlante : le tribunal médiatique se substitue-t-il aujourd’hui à la justice ?
Ma conviction est simple.
Il faut permettre aux victimes de parler.
Il faut entendre leur parole.
Il faut comprendre que le silence, parfois, a été le premier complice de l’injustice.
Mais il faut aussi rappeler, avec la même fermeté, qu’une plainte n’est pas une condamnation.
Qu’une accusation n’est pas une preuve.
Qu’un récit, aussi bouleversant soit-il, ne peut pas devenir à lui seul une décision de justice.
Parce qu’une société qui juge trop vite est une société qui renonce à la complexité. Et la justice, précisément, est là pour résister à la facilité.
Elle doute.
Elle vérifie.
Elle confronte.
Elle protège la parole, mais aussi les droits.
La présomption d’innocence n’est pas un confort accordé aux mis en cause. C’est une garantie collective. Un rempart pour chacun d’entre nous. Alors oui, il faut écouter. Il faut parler. Mais écouter et parler ne veut pas dire condamner. Croire ne veut pas dire juger. Et soutenir ne veut pas dire abolir les règles.
Dans un monde où l’émotion circule plus vite que les preuves, où l’indignation précède parfois même les faits, il nous faut tenir cette ligne exigeante : ne jamais confondre l’accusation avec la culpabilité.
Merci à Fédéric Aïli et au Dauphiné Libéré pour cet échange.
https://www.ledauphine.com/societe/2026/06/13/notre-justice-est-trop-lente-il-faut-permettre-aux-victimes-d-agressions-de-parler