10/11/2017
Le Nouveau Divorce par Consentement Mutuel sans Juge :
ATTENTION DANGER POUR LES ETRANGERS
Pour les personnes de nationalité française, le nouveau divorce par consentement mutuel va vous faciliter la vie, plus rapide, moins coûteux, vous n'y trouverez que des avantages.
Nous sommes là pour vous accompagner dans cette procédure. Cependant, pour les époux de nationalité étrangère ou s'étant mariés à l'étranger : attention danger.
Tout avocat qui se respecte devrait refuser d'établir la convention de divorce par acte d'avocat, appelée communément, divorce par consentement mutuel, lorsque son client ou son adversaire est de nationalité étrangère ou lorsque le mariage a été célébré à l'étranger.
En effet, dès que l'un des époux est de nationalité étrangère ou que le mariage est célébré à l'étranger, il existe un élément d'extranéité qui justifie de s'interroger :
1) Sur le Juge compétent pour prononcer le divorce
2) Sur la loi applicable
Le règlement européen dit BRUXELLES II BIS donne compétence au juge français pour prononcer le divorce, qu'il s'agisse de ressortissant de l'Union Européenne, ou pas, à condition que certaines conditions soient remplies.
Mais le juge français qui va prononcer votre divorce ne va pas forcément appliquer la loi française aux conséquences du divorce (autorité parentale, droit de visite et d'hébergement, pension alimentaire, prestation compensatoire, liquidation du régime matrimonial). C'est pourquoi, il va falloir aller voir du côté du règlement dit ROME III qui indique, quelle est la loi applicable au divorce.
On appliquera toujours la loi française si les époux, avant de se marier, ont fait le choix d'appliquer la loi française, par exemple, dans leur contrat de mariage, ou un acte sous seing privé, ou un acte d'avocat.
On appliquera aussi la loi française pour les Etats ayant ratifié ROME III.
Par contre, on n'appliquera pas forcément la loi française dans les mariages franco/marocains – franco/polonais et franco/yougoslave, ni pour les états non membres.
Dans ce dernier cas, il faudra voir à la date de dépôt de la requête en divorce, quelle est la loi applicable qui sera soit :
- Celle de la résidence habituelle des époux s'ils vivent dans le même pays.
- s'ils vivent dans deux pays différents, la loi de la résidence habituelle s'ils sont séparés depuis moins d'un an.
- Celle de la loi de la nationalité commune
S'agissant des enfants (autorité parentale, droit de visite et d'hébergement, pension alimentaire, obligation alimentaire entre époux (prestation compensatoire)), il faudra se pencher sur le protocole de la Haye de 2007.
S'agissant de la liquidation du régime matrimonial, c’est-à-dire du futur sort de vos biens, il faudra distinguer si le mariage a été prononcé avant ou après le 1er septembre 1992.
Tout ceci est fort complexe mais la décision que vous obtiendrez sera prononcée par un juge, ce qui vous garantira son exécution en France ou à l'étranger.
Mais il n'en est rien de la convention de divorce par acte d'avocat (divorce par consentement mutuel). Votre convention n'est pas une décision de justice, c'est un acte extra-judiciaire donc toutes les règles établies par ROME III pour rechercher la loi applicable au divorce ne s'appliquent pas.
Vous ne pouvez pas dire en amont qu'au moment du divorce par consentement mutuel, vous appliquerez d'un commun accord telle ou telle loi.
Résultat :
Votre convention de divorce ne sera pas reconnue dans votre pays d'origine. Il sera impossible de saisir le juge de votre pays pour voir reconnaître la validité de la convention rédigée en France.
Pire, vous n'avez aucun moyen d'exécuter le non respect d'un droit de visite et d'hébergement ou le non paiement d'une contribution alimentaire et en plus, celui dont vous croyez être divorcé pourrait un jour saisir le juge français pour faire annuler cette convention à défaut de conformité de la loi applicable, à moins que, ce ne soit un de ses héritiers, qui son ayant-droit décédé, viendrait rappeler à vos héritiers qu'ils ont des droits dans votre succession.
Alors si vous êtes étranger, fuyez le divorce par consentement mutuel.
Notre cabinet a d'autres solutions à vous proposer.
Ne vous laissez pas séduire par une proposition à vil prix qui ne vous mènera à rien et sera lourde de conséquences.
Faites confiance à notre cabinet, spécialisé en matière de droit de la famille et des personnes.
Maître Isabelle DE NARDI JOLY