Thomas Veron Avocat

Thomas Veron Avocat Droit des affaires à Bressuire (79300)
Avocat au barreau des Deux-Sèvres
Master II Droit des affaires

10/04/2026

Mon travail ne consiste pas à vous dire ce que vous voulez entendre. Il consiste à vous dire ce que vous devez entendre.

Guillaume est arrivé au cabinet remonté comme un coucou.

Il a acheté une Mégane d'occasion à 4 000 €.

Intérieur dégradé (entre autres). État lamentable.

Le vendeur, un beau parleur, a réussi à rassurer Guillaume et à lui refiler sa caisse.

Guillaume voulait sa peau.

Il a parlé trente minutes sans s'arrêter. Le vendeur l'a berné, il s'est moqué de lui (et autres joyeusetés qu'il m'est impossible de mentionner ici, comme par exemple le mot "con").

Bref : il voulait aller au procès et le faire payer.

Puis il s'est arrêté.

"Déjà, rien que d'en parler à quelqu'un, je me sens mieux."

Je lui ai donné mon avis.

La corrosion : visible à l'œil nu au moment de l'achat. Pas un vice caché.

L'intérieur dégradé : visible aussi et c'est pas un vice.

Et même pour les défauts restants : expertise judiciaire (comptez 4 000 €), avocat, huissier, des années de procédure.

Pour une voiture à 4 000 €.

Le coût du procès aurait explosé le prix de la voiture.

Pour moi, il fallait absolument arrêter là.

Il m'aurait été si simple de souffler sur les braises et de lui facturer un procès.

Mais c'est certainement pas ma manière de bo**er.

Guillaume a compris. Il est reparti sans dossier, mais lucide.

Parfois, la meilleure décision, c'est de tourner la page.

Un avocat qui vous pousse à attaquer quand il sait que vous allez y perdre ne vous défend pas, il se sert.

03/04/2026

"Les voitures électriques vont faire disparaître votre métier."

On me l'a dit trois fois ces trois derniers mois.

L'argument : plus de moteur thermique. Plus de segmentation (sans blague).

Donc plus de litiges.

Or, le problème n'a jamais été le moteur, car la garantie contre les vices cachés s'applique aussi bien à des moteurs thermiques, des immeubles ou même des actions de société (bientôt à des bébés commandés à une femme désargentée des pays de l'Est ?).

Le problème, c'est (entre autres) l'écart entre ce qu'on vous vend et ce que vous recevez.

Tant que cet écart existera, les litiges automobiles ne disparaîtront pas.

Ils changeront simplement de visage.

27/03/2026

Si vous voulez éviter de dépenser plus que la valeur de votre véhicule, posez toujours cette question au garagiste :

“Est-ce que ça vaut le coup économiquement ?”

Un garagiste sérieux doit vous dire :
– si la réparation est disproportionnée par rapport à la valeur du véhicule,
– si une solution alternative existe,
– si le remplacement du véhicule serait plus durable et plus logique,
– et il doit vous donner un devis dès que le montant initial explose.

Ce n’est pas un plus commercial. C’est une obligation.

Le droit lui impose de rechercher la solution économiquement adaptée, pas celle qui remplit le plus la colonne main d'oeuvre.

(Ou si vous le faites, le coût de votre prestation doit comprendre les frais de défense)

Beaucoup de litiges naissent parce qu’on ne pose pas cette question simple.

Vous l’avez déjà posée, vous ?

Je suis avocat spécialisé en vices cachés voitures, motos et camions. Vos retours sont les bienvenus.

17/03/2026

Sandra a envoyé sa voiture à la casse...avant l'expertise.

Son dossier est mort.

Sandra achète une Renault Mégane III, 127 000 km, 4 800 €.

Deux mois plus t**d, le moteur chauffe anormalement. Voyant rouge. Fumée blanche.

Ca sent le sapin.

Son garagiste confirme, le moteur est mort.

Sandra me consulte. On fait le point. On part a priori sur du vice caché.

Je lui explique la marche à suivre : on demande une expertise judiciaire (ou une désignation amiable de l'expert judiciaire). L'expert examine la voiture. Il rend un rapport. Ensuite, on attaque ou on négocie.

J'ouvre le dossier. Je commence à rédiger l'assignation.

J'en informe Sandra par mail, qui me répond :

"J'ai envoyé la voiture à la casse. C'est toujours possible d'agir contre le vendeur ?"

J'ai relu le mail deux fois.

J'ai cru qu'elle se moquait de moi.

Effectivement, je ne lui avais pas dit texto : "surtout, ne jetez pas la voiture."

Sans voiture, pas d'expertise. Sans expertise, pas de preuve. Sans preuve, pas de procédure.

L'application de "pas de bras, pas de chocolat".

Le problème n'était pas le vice caché.

Le problème, c'est qu'il était devenu impossible à démontrer.

Bilan : 4 800 € perdus et un dossier classé avant même d'avoir commencé.

Depuis, je le dis à chaque client dès la première minute : ne touchez à rien, ne réparez rien, ne vendez rien, ne jetez rien.

Bref, ne TOUCHEZ PLUS à la voiture.

05/03/2026

"Les voitures électriques vont faire disparaître votre métier."

On me l'a dit trois fois ces trois derniers mois.

L'argument : plus de moteur thermique. Plus de segmentation (sans blague).

Donc plus de litiges.

Or, le problème n'a jamais été le moteur, car la garantie contre les vices cachés s'applique aussi bien à des moteurs thermiques, des immeubles ou même des actions de société (bientôt à des bébés commandés à une femme désargentée des pays de l'Est ?).

Le problème, c'est (entre autres) l'écart entre ce qu'on vous vend et ce que vous recevez.

Tant que cet écart existera, les litiges automobiles ne disparaîtront pas.

Ils changeront simplement de visage.

Vous pensez que l'électrique va supprimer les litiges automobiles ?

20/02/2026

Certains garages font preuve d'une légèreté qui peut vite se retourner contre eux.

Dans cette affaire, Paul dépose sa voiture pour un problème précis.
Il repart avec une facture de presque 5 000 € pour :
– un châssis “tordu”
– des travaux “Toyota” sortis d’on ne sait où (je suppose que les "travaux Toyota" correspondent à des travaux de qualité Toyota).

L’excuse du garage ?

“L’expert était d’accord.”

Un expert n'est pas mandataire du client. Il ne peut donc pas accepter des travaux au nom du client.

La Cour de cassation a tranché sèchement : sans preuve que le client a accepté les travaux, le garagiste perd son droit à rémunération.

Quand un garage répare ce qu’on ne lui a pas demandé,
il prend un risque simple : travailler gratuitement.

Déjà vécu ?

Je suis avocat spécialisé en vices cachés voitures, motos et camions. Vos retours m’intéressent.

17/02/2026

Août 1996. Marc achète une voiture d’occasion à Claire.

Il fait confiance. Claire lui assure que “la voiture a eu un petit choc, rien de grave”.

Quelques semaines plus t**d, Marc commence à douter.

La tenue de route est étrange.

La voiture tire à droite.

Des bruits inhabituels.

Il demande une expertise.

Le verdict tombe : le véhicule a été gravement accidenté, et réparé n’importe comment.

Soudures approximatives, éléments structurels atteints, réparations indignes d’un professionnel.

Claire avait minimisé le problème.

Et Marc, simple particulier, ne pouvait pas deviner l’ampleur des dégâts.

Il demande alors l’annulation de la vente.

Claire se défend : “Je lui ai dit qu’il y avait eu un choc. Donc le vice était apparent.”

La Cour d’appel dit non.

Claire s'entête.

La Cour de cassation lui dit non aussi.

Pourquoi ?

Parce qu’en droit, informer d’un défaut n’est pas suffisant.

Pour qu'un vice soit considéré comme apparent (et non plus caché), l'acheteur doit avoir connaissance de son importance, de son étendue et de sa gravité.

Or Marc ignorait tout cela.

Et ces désordres étaient indétectables pour un non-professionnel.

Résultat : vice caché confirmé = vente annulée = Marc a récupéré le prix d'achat.

La leçon ? Le vendeur ne peut pas se contenter d'informations vagues.

S'il veut se protéger, il doit informer complètement l'acheteur (en fournissant un compte-rendu d'expertise amiable ou un devis du garagiste par exemple).

--

Vos expériences m’intéressent, bonnes ou mauvaises.

Elles sont souvent le reflet des dossiers que je plaide en matière de vices cachés automobiles.

13/02/2026

Chaque semaine, je vois les mêmes erreurs dans les dossiers en vice caché quand je défends les concessionnaires contre des acheteurs.

Toujours les mêmes.

Erreur n°1 : penser qu’une expertise amiable suffit.

"Nan, t'es trompé"

Le juge ne peut pas baser sa décision uniquement dessus.

Erreur n°2 : ne pas communiquer l’expertise au concessionnaire pendant le procès (plus rare).

Une expertise qui dort dans un tiroir ne sert à rien.

Elle doit être intégrée au procès, à armes égales.

Erreur n°3 : ne pas compléter l’expertise amiable (la plus courante et la plus grave).

Il faut des preuves supplémentaires : constat, seconde expertise, factures, photos.

A défaut, l'acheteur risque d'être déçu.

En réalité, l’expertise judiciaire reste l’outil le plus efficace :
elle structure le dossier, elle clarifie techniquement le litige,
et elle donne au juge une base fiable.

Cependant, elle a un coût assez élevé (entre 4 000 € et 5 000 €).

Vous avez déjà eu des difficultés avec une expertise amiable ?

Je suis avocat spécialisé en vices cachés voitures, motos et camions. Vos retours m’aident à choisir les prochains sujets.

10/02/2026

Beaucoup d’acheteurs se plaignent de vices cachés alors que le défaut était écrit noir sur blanc sur le PV du contrôle technique.

Résultat : pas d'action en vices cachés.

Un PV de contrôle technique, ça ne sert pas à faire joli dans la boîte à gants.

C’est fait pour être lu.

Et ce que vous ne lisez pas aujourd’hui, vous le paierez demain.

Si le procès-verbal de contrôle technique mentionnait le vice dont l'acheteur se plaint aujourd'hui, il ne peut pas invoquer la garantie contre les vices cachés.

En matière d’achat auto (comme bien d'autres) la curiosité protège, l’indifférence coûte cher.

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Vos expériences m’intéressent, bonnes ou mauvaises.

Elles sont souvent le reflet des dossiers que je plaide en matière de vices cachés automobiles.

06/02/2026

En juin 2010, Thomas achète une voiture d’occasion à Julien, garagiste.

Rien d’extravagant, une voiture à 6 250 euros, pour aller au boulot.

Cinq mois plus t**d : panne d’embrayage.

Diagnostic : fuite sur la butée hydraulique.

Réparations : 1 973,49 euros.

Thomas demande à Julien de prendre en charge. Silence.

Il saisit le tribunal.

Le premier juge lui répond : non, car vous n’avez pas prouvé que le défaut existait le jour de la vente.

Sauf que cette réponse est fausse juridiquement.

La panne est survenue dans les six mois après l’achat.

Donc, selon le Code de la consommation, le défaut est présumé exister au jour de la vente, et c’est au professionnel, vendeur de la voiture, de prouver qu'il est né après la vente (et de payer les frais d'expertise donc, car c'est l'enjeu).

Morale : en matière automobile, il faut agir vite et appliquer correctement les bonnes règles (ce qui est parfois plus compliqué qu'il n'y paraît).

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Vos expériences m’intéressent, bonnes ou mauvaises.

Elles sont souvent le reflet des dossiers que je plaide en matière de vices cachés automobiles.

03/02/2026

Un juge ne peut pas condamner un vendeur de voitures au doigt mouillé.

C'est pourtant ce qu'il a fait dans cette affaire.

Marc achète une voiture.

Pannes répétées.

Deux retours à l’atelier.

Il demande ensuite le remboursement du prix devant le tribunal.

Le premier juge dit oui, la Cour de cassation dit non.

Le juge (qui a suivi le raisonnement de l'avocat) a commis trop d'erreurs :
- Il a affirmé que la voiture était défectueuse sans démontrer pourquoi exactement.

- Il a dénaturé les rapports techniques qui montraient que la température moteur était normale.

- Il a affirmé que le vendeur devait démontrer l'absence de vice ; or, c'est à l'acheteur de prouver l'existence du vice.

- Il a mal utilisé la présomption de conformité du Code de la consommation (présume de l'antériorité du vice. L'acheteur doit encore démontrer l'existence même du vice ainsi que son caractère caché).

Ce que cette affaire nous enseigne : la matière automobile exige une compétence à part entière. Ce dossier était relativement simple, ce qui n'a pas empêché l'avocat et le juge de commettre des erreurs grossières.

Dans les dossiers de vices cachés, la rigueur est donc primordiale.

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Elles sont souvent le reflet des dossiers que je plaide en matière de vices cachés automobiles.

30/01/2026

Un client, Clément, m'a appelé : “Maître, ma voiture est tombée en panne trois mois après l’achat, je peux faire quoi ?.”

Je lui demande où il l’a achetée.

Réponse : “Chez un garagiste.”

Dans ce cas, le plus simple n’est pas le vice caché.

Le plus simple, c’est la garantie de conformité.

Pourquoi ?

Parce que pour les véhicules d’occasion, tout défaut apparu dans les 12 mois est présumé exister avant la vente.

Pas besoin d’expertise pour prouver que le vice est né avant la vente.

C’est au vendeur de prouver que le vice est né après la vente. C'est donc lui qui devra avancer les frais d'expertise judiciaire (5 000 € en général),

Avec la garantie des vices cachés, c’est une tout autre histoire : c’est à l’acheteur de prouver l’antériorité du vice — et ça coûte du temps et de l’argent.

Moralité : quand vous achetez à un pro, actionnez la garantie de conformité, e foncez pas tête baissée sur les vices cachés.

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Vos expériences m’intéressent, bonnes ou mauvaises.
Elles sont souvent le reflet des dossiers que je plaide en matière de vices cachés automobiles.

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