10/04/2026
Mon travail ne consiste pas à vous dire ce que vous voulez entendre. Il consiste à vous dire ce que vous devez entendre.
Guillaume est arrivé au cabinet remonté comme un coucou.
Il a acheté une Mégane d'occasion à 4 000 €.
Intérieur dégradé (entre autres). État lamentable.
Le vendeur, un beau parleur, a réussi à rassurer Guillaume et à lui refiler sa caisse.
Guillaume voulait sa peau.
Il a parlé trente minutes sans s'arrêter. Le vendeur l'a berné, il s'est moqué de lui (et autres joyeusetés qu'il m'est impossible de mentionner ici, comme par exemple le mot "con").
Bref : il voulait aller au procès et le faire payer.
Puis il s'est arrêté.
"Déjà, rien que d'en parler à quelqu'un, je me sens mieux."
Je lui ai donné mon avis.
La corrosion : visible à l'œil nu au moment de l'achat. Pas un vice caché.
L'intérieur dégradé : visible aussi et c'est pas un vice.
Et même pour les défauts restants : expertise judiciaire (comptez 4 000 €), avocat, huissier, des années de procédure.
Pour une voiture à 4 000 €.
Le coût du procès aurait explosé le prix de la voiture.
Pour moi, il fallait absolument arrêter là.
Il m'aurait été si simple de souffler sur les braises et de lui facturer un procès.
Mais c'est certainement pas ma manière de bo**er.
Guillaume a compris. Il est reparti sans dossier, mais lucide.
Parfois, la meilleure décision, c'est de tourner la page.
Un avocat qui vous pousse à attaquer quand il sait que vous allez y perdre ne vous défend pas, il se sert.