30/12/2022
Du combat et de l’espoir
2022 s’acheve dans quelques heures. Une année professionnelle, la 19 eme, encore et toujours marquée par le combat.
Combat nécessaire pour les clients.
Pour faire valoir leurs droits, encore et toujours. A rebours des préjugés, des a priori. Malgré leurs torts ou leurs erreurs. Malgré leurs passages à l’acte ou leurs abstentions coupables. Malgré le sort qui s’acharne parfois sur eux par erreur ou coïncidence.
Combat pour affronter l’institution judiciaire et l’administration qui, de plus en plus, restreignent l’accès au juge, au greffe, aux procédures, aux détenus au nom du Covid et de la sécurité qui ont encore bon dos en servant trop souvent aux esprits peureux ou lâches de motif illégitime pour entraver la défense et les droits qu’elle doit pourvoir exercer pour exister.
Combat contre certains confrères aussi malheureusement. Ceux qui ne respectent plus rien et piétinent notre déontologie, l’essence même de notre profession. Inconscients que, ce faisant, ils creusent leur propre tombe professionnelle… tant la confraternité, le respect du contradictoire et la distance nécessaire à la cause que l’on défend sont les gages de l’efficacité de nos interventions d’avocat et de la légitimité de la décision de justice à laquelle nous contribuons toujours.
Combat aussi pour convaincre les juges et les obliger plus que jamais à entendre, à écouter et à se départir de toute forme de réflexe, de lassitude ou d’habitude.
Combat enfin contre soi même.
Pour ne jamais renoncer. Malgré la difficulté du métier. Malgré les coups reçus, d’où qu’ils viennent. Malgré les espoirs déçus. Malgré la vertigineuse furtivité des succès. Malgré les sacrifices consentis pour tout donner, le jour et parfois la nuit. Malgré la pression financière permanente inhérente au fonctionnement d’une entreprise artisanale et libérale aussi petite soit elle, dans un pays qui considère trop souvent encore l’artisan / l’entrepreneur comme une pompe à fric en oubliant que tout travail mérite salaire et non aumône.
Ne jamais renoncer malgré les réformes incessantes enfin, toutes matières confondues : réformes de procédure ou de régimes juridiques qui s’empilent comme des mille feuilles indigestes que l’on fini par avoir envie de vomir.
Réforme de notre indépendance via la refonte du système de retraites qui s’annonce particulièrement dangereuse pour la profession et que la raison devrait conduire à remettre à plus t**d pour s’attaquer immédiatement au vrai sujet qui menace la société et la justice sociale : le dérèglement climatique et l’urgente révolution que devrait conduire l’exécutif pour enclencher une vraie transition écologique, raisonnée et apaisée.
2022 s’achève, 2023 est déjà là, 20 eme année d’un exercice professionnel qu’il faut aborder avec espoir pour repartir au combat.
A l’heure où j’écris ces lignes et où j’ai l’espoir que 2023 soit une heureuse année pour chacun de ceux qui les liront, je pense tout particulièrement à ces enfants, ces adolescents et jeunes adultes qui me croiseront sur leur chemin judiciaire comme à tous ceux que j’ai défendu en 19 ans et pour lesquels je me lèverai à nouveau en 2023, toujours avec la même envie, la même conviction et le même espoir, qu’au moment de plaider, s’ouvre pour eux un « après » plus paisible que ce qui les a conduit en Justice.
Tous ces mineurs que la vie aura déjà crocheté, malmené et mal aimé dès le plus jeune âge et pour lesquels nous nous battons encore et toujours. Tous ces jeunes hommes et jeunes femmes qui n’auront bien souvent pas su faire les bons choix ou pas eu la chance de pouvoir les faire. Tous ces pauvres gamins qui n’auront jamais rien demandé d’autre aux adultes chargés de les aimer et de les éduquer que l’attention et le cadre bienveillant que ces derniers ne leur auront pas donné et qui viendront se heurter aux limites de la loi. Pour eux, nous seront là encore l’année prochaine.
Comme pour tous ces parents déboussolés, meurtris, épuisés qui pousseront la porte du cabinet comme depuis toutes ces années et qui viendront demander défense et assistance dans leurs déboires de couple et/ou d’argent.
Nous serons là aussi.
Comme aux côtés des détenus.
Comme aux côtés des victimes, pour défendre encore et toujours toutes ces destinées douloureuses à qui nous apporterons du mieux possible et au delà du seul résultat judiciaire à obtenir, une écoute et un soutien aussi fraternel que possible pour que « l’après » ait un sens.
Combattre et espérer.
Encore.
Et toujours.
Pour la 20 eme année.