24/05/2026
NÉ DANS L’ESCLAVAGE, RECONNU RÉFUGIÉ
La Cour nationale du droit d’asile a récemment reconnu la qualité de réfugié à un ressortissant mauritanien issu de la communauté harratine, après avoir retenu qu’il s’était soustrait à une situation d’esclavage héréditaire et qu’il craignait, à raison, des persécutions en cas de retour dans son pays.
Dans une décision particulièrement forte, la Cour rappelle qu’en dépit des abolitions proclamées et des textes répressifs, l’esclavage n’appartient malheureusement pas seulement au passé. Il demeure, dans certaines réalités sociales, une tragédie humaine encore vécue par des hommes et des femmes dont la naissance même peut les enfermer dans une condition qu’ils n’ont jamais choisie.
La Cour retient surtout que les personnes qui s’extraient ou tentent de s’extraire d’une telle condition peuvent, dans certaines circonstances, constituer un groupe social protégé au sens de la Convention de Genève.
Il est profondément regrettable qu’au XXIe siècle, des êtres humains puissent encore naître dans l’esclavage, grandir dans l’esclavage, et devoir fuir leur pays pour espérer vivre libres.
Cette décision rappelle avec force une vérité essentielle :
la liberté n’est pas une faveur ; elle est un droit fondamental. Et lorsque ce droit est nié jusque dans la naissance même d’un être humain, le droit d’asile peut devenir le dernier refuge de la dignité humaine.
Pensée respectueuse pour le courage de mon client, dont la parole a permis à la justice de reconnaître une réalité que trop de sociétés préfèrent encore taire.