01/04/2025
On est passé d’un gouvernement des juges à une dictature des juges » : ces mots, entendus hier sur BFMTV, prononcés par un responsable politique .
La condamnation de Marine Le Pen à cinq ans d’inéligibilité a déclenché, sans surprise, un déferlement d’indignations. Les mêmes qui, hier encore, brandissaient l’État de droit comme un bouclier, hurlent aujourd’hui à la « justice politique » et crient au complot. Mais à y regarder de plus près, une constante se dégage : la justice n’est impartiale que lorsque son verdict vous arrange.
Depuis plusieurs années, une inquiétante banalisation s’installe : remettre en cause les décisions de justice dès qu’elles touchent une personnalité politique. Comme si les magistrats étaient devenus des adversaires, et non des garants de la loi. Pourtant, il est essentiel de rappeler que nos institutions reposent sur un pilier indiscutable : la séparation des pouvoirs. Les juges ne rendent pas des décisions pour plaire ou déplaire, mais sur la base des faits, des éléments de droit, et après un débat contradictoire.
S’attaquer à la justice, c’est ébranler les fondations mêmes de notre démocratie. Pire encore, les arguments avancés prétendent défendre l’État de droit, alors qu’en réalité, ils participent à son affaiblissement. Le véritable danger pour la démocratie n’est pas le jugement rendu, mais bien cette défiance orchestrée, cette mise en cause systématique des institutions judiciaires lorsque celles-ci osent appliquer la loi sans distinction de personne.
Face à cette dérive, il est urgent de rappeler que la justice est un bien commun, qu’elle appartient à tous et non à ceux qui tentent d’en faire un instrument à géométrie variable. Nous devons, collectivement, nous mobiliser pour défendre la justice et tous ceux qui la font vivre au quotidien : magistrats, avocats, greffiers, policiers, gendarmes. Car derrière chaque attaque contre l’institution judiciaire, c’est l’équilibre de notre démocratie qui vacille. Protéger la justice, c’est protéger chacun d’entre nous.
Quand la justice dérange, elle devient « politique »