30/05/2023
⚠ ❌ Harcèlement moral : le salarié qui dénonce des faits de harcèlement moral ne peut être licencié pour ce motif, peu important qu’il n’ait pas qualifié lesdits faits de harcèlement moral lors de leur dénonciation, sauf mauvaise foi (Cass. soc., 19 avr. 2023, n° 21-21.053) : ❌ ⚠
➡ Dans cette affaire, la Cour de cassation revient sur sa jurisprudence en admettant que le licenciement d'un salarié qui dénonce des agissements sans toutefois les qualifier de harcèlement moral est nul.
▶ Elle juge : « il y a lieu désormais de juger que le salarié qui dénonce des faits de harcèlement moral ne peut être licencié pour ce motif, peu important qu’il n’ait pas qualifié lesdits faits de harcèlement moral lors de leur dénonciation, sauf mauvaise foi (…) ».
⏺ Néanmoins, la Cour précise que cette solution ne s’applique « que si l’employeur ne pouvait légitimement ignorer, à la lecture de l’écrit adressé par le salarié ayant motivé son licenciement, que ce dernier dénonçait bien des agissements de harcèlement ».
🔘 Il appartient donc aux juges de vérifier le caractère évident de la dénonciation de harcèlement dans l’écrit du salarié, quand bien même le terme « harcèlement moral » n’a pas été employé.
⚫ Dans cette affaire, si le salarié n’utilisait pas le terme « harcèlement moral » dans son courrier de dénonciation ayant motivé son licenciement, il dénonçait des faits ayant entrainé une dégradation de ses conditions de travail et de son état de santé.
✔ Cette dénonciation était, selon la Cour, suffisamment claire pour emporter la nullité du licenciement fondé sur ce courrier de dénonciation, en l’absence de toute mauvaise foi du salarié.
☑ Autrement dit, un salarié qui sollicite la reconnaissance d’un licenciement nul pour avoir subi et dénoncé des faits de harcèlement moral n’aura plus besoin d'avoir préalablement et de façon expresse qualifier ces faits de harcèlement moral pour obtenir, le cas échéant, la nullité de son licenciement.
Bien à vous.