18/03/2026
Avis partagé
Sénégal-Maroc (CAN) : Pourquoi la décision de la CAF est un séisme juridique (et pourquoi le TAS va l'annuler) ⚽
La décision du Jury d'Appel de la CAF du 17 mars 2026 (Affaire DC23316) fait l'effet d'une bombe : transformer la victoire du Sénégal sur le terrain en un forfait (0-3) au profit du Maroc.
En tant qu'observateur du droit du sport, cette sentence m'interroge profondément. Sommes-nous face à une application rigoureuse du règlement ou à une interprétation abusive de la Lex Sportiva ?
Voici mon analyse de ce dossier qui prend désormais la direction de Lausanne, devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS).
1. L’erreur de qualification : Une suspension n’est pas un abandon
Le nœud gordien réside dans l'Article 84 du Règlement de la CAN.
La CAF qualifie les faits de « refus de jouer ». Or, la jurisprudence est constante (cf. l’affaire TAS 2019/A/6354 Wydad c. Espérance) : le refus de jouer suppose un acte matériel définitif (quitter la pelouse et ne jamais revenir).
Dans le cas présent, le match est allé à son terme. Le résultat a été acquis à la sueur des joueurs. Peut-on juridiquement qualifier de « refus » un match qui s'est physiquement terminé ? La reprise du jeu, validée par l'arbitre, doit normalement purger l'incident initial.
2. Le principe de proportionnalité : Un canon pour tuer une mouche ?
Le droit du sport impose une graduation des sanctions. Si contestation il y a eu, l’arsenal disciplinaire prévoit des amendes ou des suspensions d’officiels.
Prononcer le forfait après le coup de sifflet final est une mesure disproportionnée qui heurte un pilier fondamental : l’intégrité du résultat sportif.
3. Ce que le TAS pourrait décider
En s'appuyant sur sa propre jurisprudence, le TAS devrait privilégier la « vérité du terrain ». Lausanne a horreur des titres qui se gagnent dans les bureaux de commission quand le chronomètre a déjà rendu son verdict.
Notre pronostic : Une annulation probable de la décision de la CAF pour défaut de base légale et violation du principe de proportionnalité.
Le débat est ouvert : Le droit doit-il s'effacer devant le score final, ou la discipline réglementaire doit-elle primer sur tout le reste, quitte à réécrire l'histoire du match ?
Nous lirons vos avis avec attention en commentaires. 👇