03/08/2022
Chers followers arretons sur une thématique très importante à savoir: La saisine des juridictions au Cameroun.
La saisine des juridictions au Cameroun comme dans d’autres pays constitue un véritable casse-tête pour les justiciables. Cet état des choses n’est pas anodin car cette saisine est précédée d’une importante réflexion sur l’identification de la juridiction à saisir, la matière dans laquelle on souhaite la saisir, et avec quel acte doit-on la saisir. En effet, le quotidien des justiciables est émaillé de nombreuses atteintes de sources diverses. C’est la raison pour laquelle le législateur camerounais a prévu plusieurs manières de rendre justice en fonction des atteintes aux droits. C’est ainsi qu’il a prévu les modes de saisine en se référant aux différentes matières dans lesquelles les juridictions sont appelées à statuer.
Avant toute chose il est important de préciser que dans chaque juridiction camerounaise, cohabitent deux sous juridictions que sont celle de la juridiction en question et celle de son président. C’est dire pour rester fidèle à l’esprit de l’organisation judiciaire que les modes de saisines diffèrent selon qu’on souhaite porter son action devant la juridiction du président ou de la juridiction proprement dite.
Au préalable la personne saisissante doit remplir certaines conditions comme la qualité, l’intérêt et la capacité pour agir. La qualité pour agir nécessite de posséder un titre ou un droit particulier pour pouvoir intenter une action ; l’intérêt légitime peut être matériel ou moral ou ressortir de la loi. La capacité quant à elle dépend des pays et des matières dans lesquelles on entend saisir la juridiction compétente. Au Cameroun la majorité civile est de 21 ans, la majorité pénale est de 18 ans, électorale de 20 ans, et en matière sociale de 17 ans. Après ce préalable, la saisine est subordonnée à la détermination de la juridiction compétente. Mais nous nous réservons le droit d’analyse sur des questions de compétences pour un exposé ultérieur.
En outre la saisine peut parfois nécessiter qu’on s’intéresse à la nature de la demande formulée à l’intention de la juridiction compétente comme en matière civile. La demande en justice est l’acte juridique par lequel un plaideur soumet ses prétentions au juge à l’effet d’initier un procès. Partant de là Il existe plusieurs types de demandes en justice notamment les demandes introductives d’instances, les demandes incidentes, et les interventions. S’agissant des demandes introductives d’instances l’analyse diffère selon qu’il s’agit d’une demande gracieuse ou d’une demande contentieuse. Elle est contentieuse lorsqu’elle appelle au procès un ou plusieurs défendeurs pour qu’il soit statué sur une prétention. Ici le défendeur vient pour se défendre et peut à son tour présenter ses moyens de défense ou formuler une nouvelle demande. Elle est sanctionnée par une décision contradictoire. Par contre elle est gracieuse à partir du moment où elle caractérise une procédure qui est soumise au juge en l’absence d’un débat contradictoire ou d’un conflit d’intérêt, et dont la réponse reste néanmoins soumise au contrôle du juge par la prérogative de rétractation.
S’agissant des demandes incidentes, elles peuvent être additionnelles ou reconventionnelles. Elle est additionnelle lorsqu’en cour d’audience le demandeur à l’action formule de nouvelles requêtes via les conclusions écrites ou orales. Elles sont reconventionnelles quand le défendeur ne se contente pas seulement de présenter ses défenses et opte aussi pour l’offensive et formulant ses propres demandes.
A la réalité la saisine de la juridiction ne se résume pas seulement à la rédaction de l’acte de saisine. Il faut également accomplir certaines formalités notamment le paiement de la consignation (art 24 CPCC) et l’enrôlement de l’affaire proprement dite ;
Le préalable posé, les juridictions camerounaises peuvent être saisies aux fins de statuer sur plusieurs matières notamment en matière pénale, civile et commerciale, droit local, sociale, administrative, constitutionnelle, électorale et en contentieux de l’exécution entre autres. C’est pourquoi l’on est en droit de se poser les questions de savoir quels sont les modes de saisine des juridictions au Cameroun ? Le mode de saisine a-t-il un impact sur la conduite du Procès ? quels sont les effets de la saisine ?L’analyse d’un tel sujet est d’un apport considérable pour la maturité professionnelle des artistes du droit (AVOCATS, HUISSIERS, NOTAIRES, MAGISTRATS, ETC.) Ainsi que pour les justiciables en ceci que cela constituera un guide juridique pour eux et leurs permettra de se mettre à l’abri des erreurs de saisine et exposer leurs actions au rejet pur et simple.
Il est dès lors impérieux d’y aller avec pédagogie et précision dans l’analyse. C’est entre autres ce qui nous fait penser que l’exposé des modes de saisines par matière serait la meilleure chose à faire en l’espèce. Ce qui bien entendu nous permettra de caresser quelques effets attachés à la saisine des juridictions au Cameroun.
Notre prochain numéro portera sur les modes de saisines des juridictions au Cameroun
Bonne lecture !!!!