18/06/2023
*LETTRE DE MAÎTRE BANZU Ephraim À SES CONFRÈRES*
*_Si Jacques Vergès était congolais, il serait mort comme moi à la DEMIAP_*
Chers Confrères,
Et à vous tous, non Avocats mais qui lirez cette lettre.
Je me dois de me présenter : je m'appellais BANZU Ephraim, j'étais Avocat à ma mort. En vrai je le suis toujours parce qu'aucune audience de déliement de mon serment n'a encore été tenue.
Confrères,
Vous avez certainement écouté les faits qui avaient conduit à mon attestation et mon transfèrement à Kinshasa où je suis mort.
Mort pour avoir défendu des personnes "accusées" de crime. N'est-ce-pas ça le travail d'un Avocat ? Votre travail, vous qui êtes encore en vie ?
Confrères, comment concevoir que les crimes les plus odieux devant les instances tant nationales qu'internationales sont défendus ?
Et même lorsque tous les avocats décident de renier ces affaires là, le Bâtonnier commet d'office un Avocat pour la défense des criminels ? N'est-ce pas que la CPI, l'instance internationale qui accueille les plus grands criminels au monde autorise le ministère d'un Avocat ?
Je vous écris ce message sans savoir où je suis, je pense que vous non plus ne savez pas où se trouve le corps de votre confrère. C'est triste !
Mais la tristesse n'est pas à moi, je ne suis plus candidat ni à la tristesse ni à la honte. La tristesse c'est pour ma femme et mes enfants, la honte est pour profession et la société qui subissent cette oppression sans agir.
Confrères, *vous qui êtes encore en vie, battez-vous. Battez-vous pour l'avenir de votre profession. Battez-vous contre les intimidations faites aux Avocats.*
Et aussi longtemps que cela soit possible, *BATTEZ-VOUS POUR MON HONNEUR JE VOUS EN SUPPLIE.* Qu'aucun autre Avocat ne meurt comme moi.
PS:
Ce message n'émane pas du défunt Avocat Me BANZU. C'est un appel à la conscience pour honorer sa mémoire.