08/05/2026
LES SANCTIONS EXTRAJUDICIARES (LSJPA)
La Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) prévoit différentes mesures permettant de traiter certaines infractions commises par des adolescent(e)s sans recourir au processus judiciaire traditionnel. L'objectif est de responsabiliser le/la jeune tout en favorisant sa réadaptation et en réduisant les risques de récidive.
Les différentes mesures extrajudiciaires
Selon les circonstances, le policier peut :
• donner un avertissement;
• remettre une mise en garde formelle;
• orienter l'adolescent vers un programme communautaire ou un organisme de justice alternative;
• ou recommander une sanction extrajudiciaire, prévue à l'article 10 de la LSJPA.
Les avertissements, mises en garde et programmes communautaires sont généralement privilégiés lorsque l'infraction est moins grave, qu'aucune blessure corporelle n'a été causée et que ces mesures sont suffisantes pour responsabiliser l'adolescent(e) sans qu’une intervention judiciaire soit nécessaire.
Qu'est-ce qu'une sanction extrajudiciaire?
La sanction extrajudiciaire est une mesure plus sérieuse qui permet à un adolescent de reconnaître sa responsabilité, de réparer les conséquences de ses gestes et d'éviter un procès.
Lorsqu'une sanction extrajudiciaire est envisagée, le procureur aux poursuites criminelles et pénales (PPCP) peut transmettre le dossier à un délégué à la jeunesse afin qu'il évalue si cette mesure est appropriée. Pour être admissible, l'adolescent(e) doit notamment reconnaître sa responsabilité, accepter librement la sanction et avoir été informé de son droit de consulter un(e) avocat(e) avant de prendre sa décision.
Si ces conditions sont remplies, le dossier est confié à un organisme de justice alternative (OJA), dont un(e) intervenant(e) accompagne l'adolescent(e) dans la réalisation de la sanction.
Les sanctions sont adaptées à chaque situation et peuvent notamment comprendre :
• des travaux communautaires;
• une médiation;
• une conférence;
• la rédaction d'une lettre d'excuses ou d'une dissertation;
• des ateliers de sensibilisation;
• ou toute autre mesure favorisant la responsabilisation de l'adolescent.
Selon les circonstances, les parents et la victime peuvent également être appelés à participer au processus.
Quand est-elle possible?
Une sanction extrajudiciaire peut être envisagée lorsque le poursuivant estime qu'elle constitue la mesure la plus appropriée, notamment en raison de la nature ou de la gravité de l'infraction.
À l'inverse, cette mesure ne peut être appliquée si :
• l'adolescent(e) nie sa participation à l'infraction;
• il souhaite que sa cause soit entendue par le tribunal;
• ou il n'est pas admis au programme.
Quels sont les avantages?
Lorsque l'adolescent(e) respecte toutes les conditions du programme, les accusations sont généralement retirées ou rejetées et aucun casier judiciaire n'est engendré. En revanche, si la sanction n'est pas complétée, le poursuivant peut décider de ramener le dossier devant le tribunal. Le juge tiendra alors compte des circonstances et des démarches déjà entreprises par l'adolescent(e) avant de rendre sa décision.
Les sanctions extrajudiciaires illustrent bien l'objectif de la LSJPA : favoriser la responsabilisation, la réparation des torts causés et la réadaptation des adolescent(e)s, tout en réservant les procédures judiciaires aux situations où elles sont véritablement nécessaires.