09/16/2026
MONFISTON c. R., 2026 QCCA 1203
Cette semaine, la Cour d’appel du Québec a accueilli l’appel de Madame Monfiston. Elle a rappelé l’importance d’une peine individualisée qui tient compte de la réalité de la personne qui la reçoit.
L’appelante avait plaidé coupable à des accusations de voies de fait graves et de vol qualifié à la suite d’une violente agression commise alors qu’elle était fortement intoxiquée.
En première instance, elle avait été condamnée à 4 ans de pénitencier.
La juge avait notamment considéré sa situation familiale, mère de 5 enfants dont 4 à sa charge, ainsi que les conséquences possibles de son incarcération sur son statut d’immigration. Ces conséquences avaient toutefois été qualifiées de "facteurs neutres".
La Cour d’appel rappelle, entre autres, que les conséquences indirectes d’une peine ne constituent pas, en soi, des facteurs aggravants ou atténuants au sens de la loi. Mais cela ne signifie pas qu’elles doivent être considérées comme "neutres".
Elles font partie de la situation personnelle du contrevenant et doivent être véritablement prises en compte dans l’exercice de détermination de la peine, notamment afin de respecter les principes d'individualisation, de proportionnalité et de parité des peines.
La Cour souligne une nuance particulièrement importante : ce n’est pas suffisant d'énumérer les conséquences indirectes. Il faut les analyser concrètement pour leur impact et ensuite, leur accorder le poids qui convient.
Dans cette affaire, la Cour reproche notamment à la juge d’instance de ne pas avoir véritablement analysé ces impacts indirects, soit l’impact de son incarcération sur ses quatre enfants, les conséquences sur son statut d’immigration ainsi que la perte potentielle de certains droits en matière d’appel en immigration.
Après avoir repris l’exercice de détermination de la peine, la Cour d’appel substitue à la peine de 4 ans une peine de 2 ans moins 1 jour d'emprisonnement dans la collectivité, assortie de conditions strictes. L’incarcération en institution n’est pas l’unique solution à un crime.
La détermination de la peine demeure un exercice hautement individualisé. Le tribunal doit déterminer la sanction appropriée pour CETTE infraction, commise par CETTE personne, dans CES circonstances particulières, tout en respectant le principe fondamental de proportionnalité.