01/23/2026
Agir in loco parentis : quand un beau-parent devient responsable de payer des aliments à l’enfant de son ex-conjoint(E)
C’est le sujet du litige dans la cause Droit de la famille – 251234, 2025 QCCS 3143.
Dans le cadre de leur divorce, Madame demande que le tribunal reconnaisse que son ex-conjoint a agi durant leur mariage de 6 ans à titre de parent envers sa fille issue d’une union précédente et de ce fait, lui paie une pension alimentaire à son bénéfice.
En effet – contrairement à l’état du droit concernant les conjoints de fait – les époux sont assujettis à la Loi sur le divorce, laquelle reconnait au beau-parent une obligation alimentaire pour enfant. Mais, pour cela, la preuve doit établir un comportement du beau-parent démontrant une intention claire et sans aucune ambiguïté d’agir à titre de parent auprès de l’enfant. Seront donc notamment analysés par le tribunal les actes accomplis par le conjoint durant le mariage, les intentions exprimées par lui explicitement ou implicitement, et la place qu’il aurait prise dans la vie de l’enfant comparativement à celle occupée par le parent déclaré de l’enfant à son acte de naissance.
Dans ce dossier, la preuve a démontré que Monsieur s’est effectivement investi de manière significative envers la fille de Madame issue de son union précédente. Durant les 6 ans de mariage des parties, il s’en est occupé comme s’il s’agissait de son propre enfant et a participé avec Madame dans la prise de diverses décisions à son égard. Après la séparation, il a même payé temporairement des aliments au bénéfice de cet enfant.
Cependant, quoi qu’il en soit du rôle occupé par Monsieur auprès de l’enfant, cette dernière a toujours maintenu ses liens avec son père, qui est demeuré impliqué dans sa vie. La preuve révèle que Monsieur n’a jamais eu l’intention d’être substitué au père déclaré de l’enfant. Madame a par ailleurs continué de reconnaître au père dans diverses ententes ses compétences parentales et ses responsabilités décisionnelles à l’égard de l’enfant.
Ainsi, le tribunal refuse la demande de Madame. « Le fait d’être généreux, investi et aimant à l’endroit de l’enfant d’un conjoint par des manifestations concrètes et engagées ne traduit pas automatiquement l’intention d’agir in loco parentis. », écrit la juge. Ici, Monsieur a plutôt agi de manière à établir avec son épouse une relation familiale harmonieuse, sans plus.
Morale de l’histoire? Le mariage emporte des droits et des obligations aux époux et peut engendrer des obligations alimentaires à l’épou(x)(se) beau-parent prenant la place du parent déclaré de l’enfant de l’autre épou(x)(se). Il pourrait alors être condamné à payer des aliments à cet enfant, même si aucun lien de filiation légale n’est établi entre eux.
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