08/07/2022
Chronique criminelle
Une bagarre entre rivaux d’une élève de 14 ans, entraîne la mort de Apollinaire CHIDI.
(Espérance et Hountondji Ebénezer sont situés sur leur sort sept ans plus t**d.)
Evoluant dans son rôle pour compte de la première session criminelle de l’année 2022, le tribunal de première instance de première classe de Cotonou statuant en matière criminelle était à sa 4ème journée ce jeudi 07 juillet 2022. Le tribunal est appelé à connaître d’un dossier dans lequel la jalousie entre des rivaux d’une adolescente de 14 ans a tourné au drame. Qui a fait quoi à qui ? Le droit a été dit ce jeudi au cours de la session criminelle.
Les faits révèlent que courant mars 2015, Zita une jeune élève en classe de 6ème a été dépossédée de son sac d'école de retour de l’école. En effet, Rita avait un copain, du nom de Hountondji Ebénezer. Amoureux, l’homme a acheté un téléphone portable à sa copine pour réduire la distance. Un jour, alors que les deux étaient ensemble, Ebénézer tente d’appeler le numéro de sa bien-aimée. Le téléphone sonne mais la mélodie n'est pas celle du téléphone offert par ce dernier. Ah! Que se passe-t-il s’exclama Ebénézer ! Zita avoue avoir reçu un autre téléphone en guise de cadeau. En suite, elle retourne à son ex-ami son téléphone. Touché, Ebénézer lui arrache son sac et profère des menaces à l’endroit de son rival avant de laisser Zita s’en allée les mains vides. Informé, Apollinaire marié et père d’un nourrisson, faut-il le rappeler, alla s’enquérir des nouvelles de sa nouvelle chérie. La tutrice de Zita le rassure de sa démarche envers Ebénézer qui a promis retourner le sac et son contenu. Le lendemain, Impatient, Apollinaire a entrepris d’aller récurer le sac, le téléphone y compris. Il s’est fait accompagner de trois amis certainement pour assurer sa défense aux cas où. Sur les lieux, commença une altercation. Aïdasso Espérence sentant son voisin Ebéneser en danger, se saisit de sa ceinture pour la défense de ce dernier. Bilan, un mort et des blessés. Apollinaire Chidi a été poignardé. Conduit à l’hôpital, il a succombé à sa blessure. Quelle perte pour la nation Béninoise !
A la barre les accusés ont reconnu les faits de coups et blessures volontaires. Ebénézer faisant le récit des faits, dit qu’il n’a pas poignardé le de cujus.
Le Ministère public dans sa réquisition, fait le résumé des faits et dit qu’il est établi dans le rapport de l’autopsie que les coups ont été portés dans la cage thoracique, et autres endroits vitaux de la victime, et que le sieur Hountondji a utilisé un couteau par conséquent, son intention est claire. Dit que l’enquête de moralité leur est favorable et que le rapport prouve qu’ils sont accessibles à la sanction pénale. Il Requiert alors que le tribunal, dans le secret de son délibéré réponde par l’affirmative aux différents faits mis à leurs charges, de les déclarer coupable de coups et blessures volontaires et de meurtre. De condamner Aïdasso à 48 mois d’emprisonnement ferme et Ebénezer à 15 ans d’emprisonnement ferme.
Me PADONOU-AMINOU Mousbaye assurant la défense de son client Aïdasso dit que la défense a réclamé les scellés vu que nous sommes en matière criminelle mais il n’a rien. Il relève à la cour que l’article 509 du code pénal évoqué par le Ministère public n’est pas applicable à son client parce que les faits sont antérieurs aux nouvelles dispositions. Plaide coupable pour coups et blessures volontaires avant de prier le tribunal à tenir compte du fait que son client a passé 7 ans d’emprisonnement avant de bénéficier de la liberté provisoire. Me Yaya POGNON assurant la défense de Hountondji, dit dans sa plaidoirie que les faits ont bénéficié de l’éloignement du temps mais ils restent émotionnels. Pour lui, la jalousie est un sentiment humain, les détails dans ce dossier en disent long. Pour l’Avocat, c’est une expédition punitive qui a été organisée par Apollinaire et ses amis. Il aurait bien souhaité voir Zita et sa tutrice à la barre. Pour lui, quand Hountondji donnait les coups, il n’avait pas choisi les organes. Contrairement aux affirmations du MP, l’avocat exprime le doute et dit qu’il n’y a jamais eu d’intention de donner la mort. Pour l’Avocat, le tribunal sait ce qu’il doit faire et il va le faire. Ainsi le droit sera dit. La parole été donné aux prévenus en dernier puis la suspension.
Dans le secret de son délibéré, le tribunal a reconnu coupable les prévenus de coups et blessures volontaires et de meurtre condamne Aïdasso et Hountondji respectivement à 4 ans et 12 ans d’emprisonnement ferme. Le coupable Hountondji retourne en prison pour les 5 autres années. Aïdasso a passé 7 années de vie carcérale mais il a écopé de 4 ans.