31/12/2025
Honneur au professeur Léon JOSSE,
Celui qui communique par ses interventions, la passion du droit.
RETROUVEZ A TRAVERS CES LIGNES L'INTEGRALITE DU DISCOURS DU DOYEN DE LA FACULTE DE DROIT ET DE SCIENCE POLITIQUE DE L'UNIVERSITE D'ABOMEY CALAVI LORS DE LA PREMIERE EDITION DU BENIN LEGAL SUMMIT ORGANISEE PAR LE CABINET DE COMMUNICATIONS JURIDIQUES LE DROIT C'EST MA PASSION
Monsieur le Représentant du Ministre du numérique et de la digitalisation ;
Monsieur le Représentant du Ministre du Travail et de la Fonction Publique ;
Monsieur le Représentant du Ministre de la Justice et de la législation ;
Monsieur le Représentant du Préfet du Littoral ;
Monsieur le Responsable du Cabinet de communications juridiques LE DROIT, C'EST MA PASSION ;
Madame la Marraine du Cabinet ;
Mesdames et Messieurs les communicateurs en vos titres et grades ;
Mesdames et Messieurs.
La présente rencontre scientifique sur le thème « Les nouvelles perspectives du droit du travail béninois à l’ère de l’intelligence artificielle » s’inscrit dans le cadre de la vulgarisation à une échelle plus grande des nouvelles visions du
monde du travail au moyen de l’IA. Au prime abord, je voudrais vous adresser mes sincères remerciements aux organisateurs de cette rencontre, aux communicateurs qui brulent d’impatience pour présenter le fruit de leur réflexion, et aux participants qui veulent s’abreuver à la source de cette connaissance. En effet, il n’est pas superflu de rappeler que le monde du travail, plus précisément l’univers du droit social, obéit à des normes non négociables que sont : l’égalité, la dignité, le droit à un travail décent, le droit à une rémunération acceptable et qui permettent l’épanouissement tant du travailleur que de l’employeur. Cette affirmation annonce que le travail doit être mis en œuvre au moyen des relations contractuelles qui éloignent les acteurs de l’exploitation surtout de la partie la plus vulnérable que représente le travailleur. Quant à l’intelligence artificielle, elle représente depuis bientôt une décennie, l’ensemble des moyens techniques mis en œuvre en vue de
répondre à une tâche déterminée de manière automatisée. Mais à partir de ces deux définitions ci-dessus présentées, l’on peut se demander leurs rapports. L’intelligence artificielle irrigue tous les domaines de la vie ou tous les domaines de la science : en Médecine, elle permet de faire des interventions avec une robotique programmée ; en Mathématique, elle contribue à faire en
un bref instant des calculs qui prendraient des mois voire des années ; en informatique, elle exécute la programmation des tâches qui auparavant durent plusieurs jours ou mois ; en Sociologie, elle assure la rapidité et la justesse des analyses sur les données statistiques ; en Sciences humaines, elle aide les uns et les autres à la matérialisation de sa forme générative à travers Chat GPT et Deep Seek, la rédaction d’un discours, la traduction de texte d’une langue à une autre par exemple. Dans la sphère du travail en général et particulièrement dans le recours à l’IA favorise l’embauche de qualité et une exécution de travail qui augmente la productivité, la qualité des emplois, la création de nouveaux métiers, une meilleure prise de décision en lien avec les normes du travail comme rappelé ci-dessus. Par exemple, le programme PSIE de l’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE) du gouvernement béninois sélectionne les personnes candidates à une première embauche et suit leur évolution par l’IA.
Mesdames et messieurs ; Devant cette euphorie de l’intelligence artificielle ou cette embellie technologique, il est préférable d’être prudent comme nous le recommande Aristote. Certes, il est vrai que l’intelligence artificielle a accompli des progrès considérables dans tous les domaines de la science surtout en médecine, notamment le clonage des animaux et des humains que l’on voit dans les films
sciences fictions ou les revues sciences et vie, mais il convient d’évoluer à petits pas avec des réserves utiles. L’histoire comparative des sciences nous enseigne que le monde occidental s’était ému avec le médiator, un
médicament permettant surtout aux diabétiques d’assouvir leur faim ; avec la pilule Diane 35 qui tuait les spermicides ou la chirurgie esthétique au moyen des silicones. Bien des années plus t**d, les victimes n’ont pas eu d’autres choix que de traduire les auteurs devant les juridictions. Ainsi, la jurisprudence a accru les normes de protection en matière de responsabilités des auteurs de la faute et les récents développements en France de la fin de vie et la justice prédictive en disent long.
Mesdames et Messieurs ; Le recours à l’IA dans le monde du travail ne fait pas que des émules. L’IA suscite des doutes légitimes ; elle supprime des emplois (bientôt dentistes,
caissiers et employés de supermarchés, travailleurs dans l’industrie manufacturière, journalistes et rédacteurs de contenu, agents immobiliers, opérateurs de saisie, agents de centre d’appels, chauffeurs de taxi, comptables, auditeurs) ; crée une dépendance accrue sous forme d’addiction notamment aux jeux vidéo ; se rend impuissante dans une nouvelle situation non programmée par la robotique, fait une mauvaise appréhension des sentiments lors des entretiens à l’embauche et complexifie les situations conflictuelles lorsque les parties n’accordent pas leurs violons.
Devant ces inquiétudes pertinentes qu’on ne saurait ignorer, il est souhaitable de garder à l’esprit que c’est l’homme qui est l’auteur de l’intelligence
artificielle et c’est à lui qu’il revient de lui résister en recourant surtout aux sciences de l’esprit en évoquant la philosophie, la morale.
In fine, je voudrais
attirer votre attention sur la prudence scientifique.
Je vous remercie.