Isabelle Péchard Avocat

Isabelle Péchard Avocat avocat spécialisé en circulation routière, réparation du préjudice corporel, assurance et respo

Le radar flashe en une seconde… l’État a 3 ans pour sanctionnerAvant 2018, les infractions « classiques » au Code de la ...
28/05/2026

Le radar flashe en une seconde… l’État a 3 ans pour sanctionner

Avant 2018, les infractions « classiques » au Code de la route — principalement les excès de vitesse et la vitesse inadaptée — se prescrivaient après un an.

En 2018, le législateur a estimé qu’il fallait davantage de temps pour poursuivre : le délai est passé à deux ans.

Et ce 13 mai 2026, la Chambre a adopté le projet de loi adaptant la loi sur la police de la circulation routière au nouveau Code pénal : la prescription passera désormais à… trois ans.

Trois ans.

Est-ce réellement pertinent de poursuivre un automobiliste pour un excès de vitesse commis plusieurs années auparavant ?

La sanction conserve-t-elle encore un sens lorsqu’elle intervient aussi t**divement ?

Un excès de vitesse est aujourd’hui constaté par radar. Lorsque le dépassement est important — plus de 30 km/h en agglomération ou 40 km/h sur autoroute — le conducteur devra s’expliquer, soit lors d’une audition, soit via un formulaire.

Mais faut-il vraiment trois ans pour décider de citer un automobiliste devant le tribunal ?

Pour ma part, j’estime exactement l’inverse : une sanction n’a de portée éducative que lorsqu’elle intervient rapidement.

« Monsieur, le 10 juin 2023, pourquoi rouliez-vous si vite ? Nous sommes le 28 mai 2026 et nous allons aujourd’hui vous sanctionner. »

Quel sens cela a-t-il encore ?

Punirait-on un enfant qui a crayonné sur le mur du salon… l’année suivante ?

Et pendant ce temps, nous, avocats, plaiderons le dépassement du délai raisonnable.

Car oui : est-il raisonnable de poursuivre un conducteur plusieurs années après les faits ?

Les juridictions de police sont d’ailleurs sensibles à cette question et retiennent parfois ce dépassement du délai raisonnable.

Mais ce n’est pas tout.

PV après 30 jours : qui se souvient encore qui conduisait ?

La nouvelle loi prévoit également de faire passer de 14 à 30 jours le délai d’envoi du procès-verbal constaté par radar.

Jusqu’à présent, cette limite de 14 jours avait une logique évidente : permettre au titulaire de la plaque d’identifier rapidement qui conduisait le véhicule.

Prenons une voiture familiale utilisée par Monsieur, Madame et les enfants majeurs de 20 et 22 ans. Un petit excès de vitesse est constaté : 125 km/h au lieu de 120.

Deux semaines plus t**d, il est encore possible de se souvenir qui utilisait le véhicule.

Quatre semaines plus t**d ?

Qui conduisait ce samedi-là ?

Le mari ?

L’enfant parti au sport ?

Ou simplement Madame, titulaire de la plaque ?

Avec toute la bonne volonté du monde, il devient parfois impossible de répondre.

Cet allongement du délai me paraît sidérant.

D’autant plus que tout est aujourd’hui automatisé.

Les radars sont omniprésents en Belgique et certains automobilistes sont sanctionnés pour des dépassements parfois minimes : 121 km/h en vitesse corrigée.

Pourquoi faudrait-il désormais 30 jours pour envoyer un PV généré automatiquement ?

La mémoire humaine a ses limites.

À mes yeux, cette réforme traduit surtout une volonté d’augmenter encore les recettes au détriment du justiciable.

Et le signal envoyé est mauvais : les conducteurs sont déjà asphyxiés par une multiplication des amendes liées à des dépassements souvent extrêmement limités.

Ceci étant, il restera encore une question essentielle : les verbalisants devront démontrer que le PV a bien été envoyé dans ce délai de 30 jours.

Car à l’heure actuelle, la disparition — pour le moins discutable — des dates d’envoi sur les enveloppes laisse encore un peu d’espace aux avocats pour plaider…

Cette Loi rentrera en vigueur après publication au Moniteur belge, donc très prochainement.

Un conducteur averti en vaut deux.

15/05/2026

elegis – Liège est à la recherche d’un(e) collaborateur(trice) pour son département de droit social – droit du travail.

Ce matin, en sortant de la salle d’audience, après avoir plaidé au tribunal de police, une dame m’interpelle dans le hal...
04/02/2026

Ce matin, en sortant de la salle d’audience, après avoir plaidé au tribunal de police, une dame m’interpelle dans le hall du beau palais de Justice de Namur :
« Maître, je vous ai entendue plaider… je dois vous dire que j’aurais tellement aimé être défendue par vous. »
Ce sont des mots qui font sourire… et qui rappellent pourquoi on aime tant ce beau métier.

Alcool et GSM au volant : le temps de la répression immédiate.Depuis ce mois de février, la politique pénale en matière ...
03/02/2026

Alcool et GSM au volant : le temps de la répression immédiate.

Depuis ce mois de février, la politique pénale en matière de sécurité routière se durcit sensiblement en province de Liège.
Deux comportements sont désormais dans le viseur du parquet : l’alcool au volant et l’usage du GSM en conduisant.

📵 GSM au volant
L’utilisation ou la simple manipulation d’un téléphone en conduisant peut aujourd’hui entraîner un retrait immédiat du permis de conduire pour une durée minimale de 15 jours, sans attendre une décision judiciaire, et ensuite il y aura citation devant le tribunal de police.

🍷 Alcool au volant
Le seuil de tolérance est également abaissé : dès 0,5 g/l, le conducteur s’expose à un retrait immédiat du permis de 15 jours, là où une marge de tolérance (jusqu'à 0,8 g/l) existait auparavant, avec également une citation devant le tribunal de police à la clé.
Là encore, la réponse est rapide, automatique et répressive.

Le message est sans ambiguïté : la distraction comme l’alcoolisation relèvent d’un choix pénal assumé, fondé sur l’urgence de modifier les comportements à risque.

Un liégeois averti en vaut deux 😉

08/01/2026

⚖️ Hausse des décimes additionnels : une augmentation très concrète pour les justiciables, notamment dans le cadre des infractions routières devant le tribunal de police.

La loi publiée au Moniteur belge du 30 décembre 2025 augmente les décimes additionnels applicables aux amendes pénales.
Ses effets financiers sont immédiats et particulièrement sensibles en matière de circulation routière.
À partir du 1er février 2026, le multiplicateur passe de x 8 à x 10.

Prenons un exemple très courant devant le tribunal de police :
🔹 Avant le 1er février 2026
Amende de base : 50 €
Décimes additionnels (x 8) : 400 €
À cela s’ajoutent systématiquement :
+ 26 € au Fonds budgétaire d’aide juridique
+ ± 30 € de frais de justice
+ 61,01 € d’indemnité forfaitaire à charge de tout condamné
+ 200 € de contribution au Fonds spécial d’aide aux victimes d’actes intentionnels
Total à payer : 717,01 €

🔹 À partir du 1er février 2026
Même amende de base : 50 €
Décimes additionnels (x 10) : 500 €
+ 250 € pour le fonds spécial d'aide aux victimes (également soumis aux décimes additionnels)
Frais inchangés :
+ 26 €
+ ± 30 €
+ 61,01 €
Total à payer : 867,01 €

Différence : +150 €, sans modification de l’infraction ni de l’amende de base.
Cette réforme alourdit de manière significative la charge financière pesant sur les justiciables, y compris pour des infractions qualifiées de « mineures ».
Une hausse silencieuse, mais aux conséquences bien réelles

19/12/2025
21/11/2025

Le vendredi 14 novembre 2025, Louise DEMONCEAU a prêté le serment d’avocat au sein du Barreau de Liège-Huy.
Après de brillantes études à l’Unamur et l’UCL, Louise intègre le bureau ELEGIS LIEGE
Elle renforce notre département de droit social et j’aurai l’honneur d’être son maître de stage.
Elle entame par ailleurs une formation complémentaire en droit social à la VUB.

Bienvenue à Louise dans notre équipe!

Quand je prépare mon audience du jour 🤭
03/10/2025

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elegis au printemps 😍
09/04/2025

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