17/09/2026
30 ANS DE BARREAU. Déjà.
Il y a 30 ans, je prêtais serment dans la grande salle de la Cour d’appel de Liège.
30 ans plus t**d, une certitude : quel beau métier. Et quel métier difficile !
Pourquoi beau ?
Parce qu’il y a ce sentiment, précieux, d’être utile.
Accompagner une victime d’un accident de la route dans un combat qui peut durer des années. Défendre celui qui a fait une grosse bêtise au volant et l’aider à sortir du pétrin.
Entendre, à la fin d’un dossier : « Merci Maître. Heureusement que vous étiez là. »
Et puis il y a les clients fidèles, certains depuis le début. Le FCGB notamment, que j'ai le plaisir d'accompagner depuis 30 ans lorsque des conducteurs non assurés causent des accidents.
Mais 30 ans de barreau, ce n’est pas seulement une succession de dossiers et d’audiences.
C’est aussi 30 ans de vie qui se sont glissés entre deux conclusions.
Premier bébé pendant ma première année de stage. Deuxième pendant ma troisième. Et dix ans plus t**d, numéro 3 est arrivé.
Trois enfants élevés entre les audiences, les conclusions et les dossiers ramenés à la maison. Aujourd’hui, une avocate, une vétérinaire et un futur ingénieur… alors finalement, je ne m’en suis peut-être pas si mal sortie.
À l’époque, être jeune avocate et maman de jeunes enfants, c’était un travail d’équilibriste et une organisation de ministre (merci à mon mari ❤️).
Et j’ai rapidement découvert une particularité de la profession : la clientèle ne connaît pas vraiment le congé de maternité. 😅
J’ai donc développé une technique juridique extrêmement pointue : allaiter d’un bras et taper sur l’ordinateur de l’autre.
Il a aussi fallu apprendre que, contrairement au mythe, bien gagner sa vie comme avocat prend du temps. Beaucoup de temps. Du travail, de la patience et de la persévérance.
Mon patron de stage me disait d’ailleurs : « Mais enfin, Maître Péchard, l’enseignement, c’est parfait pour une femme ! » 🙄
Oui… la misogynie a aussi fait partie du barreau. Heureusement, les choses ont évolué.
Et puis il y a notre obsession à tous : LES DÉLAIS.
Délai pour conclure. Délai d’appel. Délai d’opposition. Prescription…
Toute une carrière à vivre avec un calendrier dans un coin du cerveau et cette petite pensée permanente : « Surtout, ne rien oublier. »
Parce qu’un seul délai raté peut transformer une journée parfaitement normale en déclaration de sinistre à son assureur RC professionnelle. 😬 (merci Val).
Alors oui, c’est un métier exigeant. Parfois épuisant. Souvent envahissant.
Mais c’est surtout un métier de passion.
Dans mon bureau, je garde encore les petits mots que certains clients m’ont écrits au fil des années. Ceux qui disent merci. Ceux qui rappellent pourquoi on fait ce métier les jours où il pèse un peu plus lourd.
Je ne sauve pas des vies.
Mais depuis 30 ans, j’essaie, à ma petite place, d’être utile.
Et finalement, n’est-ce pas là l’essentiel ?⚖️❤️