01/09/2026
« Maître, je loue seulement une petite maison. Est-ce que je suis vraiment concerné par l'impôt ? »
La semaine dernière, un propriétaire est venu me consulter avec cette question. Il venait d'hériter d'une maison qu'il mettait en location depuis quelques années. Pour lui, les obligations fiscales concernaient surtout les grandes sociétés immobilières et les propriétaires de nombreux immeubles.
« Je perçois simplement un loyer chaque mois. Je ne suis pas une entreprise », insistait-il.
Au fil de nos échanges, il a découvert que les revenus tirés de la location d'un immeuble constituent des revenus imposables et que la législation fiscale camerounaise prévoit des obligations précises en matière de déclaration et de paiement de l'impôt.
Comme lui, de nombreux propriétaires ignorent encore les règles applicables aux revenus locatifs ou pensent, à tort, qu'ils ne sont pas concernés.
C'est pour répondre aux questions les plus fréquentes et éclairer les contribuables sur leurs droits et obligations que nous consacrons cette revue à l'impôt sur les revenus locatifs au Cameroun.
I. Définition des revenus locatifs
Les revenus locatifs, également appelés revenus fonciers, désignent les sommes perçues par une personne physique ou morale au titre de la location d'immeubles bâtis ou non bâtis situés au Cameroun.
Ils comprennent notamment :
✅ Les loyers des maisons ;
✅ Les loyers des boutiques ;
✅ Les loyers des terrains ;
✅ Certains revenus issus des sociétés civiles immobilières (SCI).
Ces revenus sont soumis :
• au Prélèvement sur les Loyers (PSL) ;
• à l'impôt sur le revenu ;
• et, pour les personnes physiques, à l'Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP).
Le taux du PSL est fixé à 10 %.
II. Mécanisme de prélèvement de l'impôt sur les loyers
Le Prélèvement sur les Loyers (PSL), souvent appelé précompte sur loyers ou retenue à la source, obéit à des règles précises. Son application dépend principalement de la qualité du locataire : professionnel ou non professionnel.
1. Lorsque le locataire est un professionnel
(Entreprise, administration, association, ONG, établissement public, etc.)
Le locataire professionnel a l'obligation légale d'effectuer une retenue à la source de 10 % du montant brut du loyer.
Concrètement :
1️⃣ Lors du paiement du loyer, il retient 10 % et verse le solde au bailleur ;
2️⃣ Il reverse lui-même cette retenue à l'administration fiscale au plus t**d le 15 du mois suivant ;
3️⃣ Il remet au bailleur une Attestation de Retenue à la Source (ARS) justifiant le prélèvement effectué.
Exception importante :
Lorsqu'une Société Civile Immobilière (SCI) relève du régime du réel et bénéficie d'une dispense de précompte, le locataire ne procède à aucune retenue et verse l'intégralité du loyer à la SCI.
De même, un contribuable relevant de l'Impôt Général Synthétique (IGS) est dispensé de pratiquer la retenue du PSL lorsqu'il loue auprès d'une entreprise soumise au régime du réel.
2. Lorsque le locataire est un particulier
Lorsqu'un particulier loue un logement pour son habitation personnelle, il n'a pas qualité pour retenir l'impôt sur le loyer.
Dans ce cas :
1️⃣ Le locataire paie la totalité du loyer prévu au bail ;
2️⃣ Le bailleur est lui-même responsable du calcul, de la déclaration et du paiement de l'impôt correspondant auprès de l'administration fiscale, dans le respect des obligations déclaratives applicables.
En résumé , etre propriétaire d'un seul bien immobilier ne dispense pas du respect des obligations fiscales. Dès lors qu'un revenu locatif est perçu, il convient de s'assurer que les déclarations et paiements requis sont effectués conformément à la réglementation en vigueur. Une bonne maîtrise des règles fiscales permet non seulement d'éviter les pénalités et redressements, mais également de gérer son patrimoine immobilier en toute sécurité juridique.
Et vous, saviez-vous que la qualité du locataire pouvait déterminer le mode de paiement de l'impôt sur les loyers ? Partagez votre avis ou vos questions en commentaire.