19/09/2025
Jusqu’au XVIe siècle, la France connaissait une dualité juridique : au sud, on appliquait un droit écrit hérité du droit romain, tandis qu’au nord dominaient des coutumes locales très fragmentées.
Pour tenter d’unifier ces pratiques, l’ordonnance de Montils-lès-Tours de 1454 lança une première entreprise de codification des coutumes, mais l’idée d’un droit civil commun ne prit réellement forme qu’à la Révolution française.
Dès 1790, les députés envisagèrent un Code civil unique, mais les projets présentés en 1793, 1794, 1796 et 1799 échouèrent à cause de l’instabilité politique. Durant cette période, la France connut ce qu’on appelle le droit intermédiaire, qui combinait les anciennes coutumes avec les nouvelles lois révolutionnaires.
Le véritable tournant survint avec Napoléon Bonaparte. Le 12 août 1800, alors Premier consul, il institua une commission composée de quatre juristes notamment 𝐏𝐨𝐫𝐭𝐚𝐥𝐢𝐬, 𝐓𝐫𝐨𝐧𝐜𝐡𝐞𝐭, 𝐌𝐚𝐥𝐞𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐭 𝐁𝐢𝐠𝐨𝐭 𝐝𝐞 𝐏𝐫𝐞́𝐚𝐦𝐞𝐧𝐞𝐮 placée sous la direction de Cambacérès. En seulement quelques mois, ils rédigèrent environ 2 281 articles, regroupés ensuite en 36 lois adoptées progressivement entre 1803 et 1804.
Le projet fut longuement débattu au Conseil d’État, lors de plus de cent séances. Enfin, la loi du 24 mars 1804 promulgua le Code civil des Français, qui prit rapidement le nom de Code Napoléon.
La Côte d’Ivoire, colonie française à partir de 1893, fut soumise à ce Code civil, appliqué principalement aux colons. Les populations ivoiriennes continuaient de relever de leur droit coutumier.
Après l’indépendance en 1960, la Côte d’Ivoire conserva l’héritage juridique français. Le Code civil napoléonien servit alors de base au droit ivoirien, mais il fut adapté et transposé progressivement afin de tenir compte des réalités locales.
Aujourd’hui encore, le droit civil ivoirien garde l’empreinte du Code Napoléon, tout en évoluant grâce aux réformes modernes.
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