01/02/2026
🔴 ALERTE DROITS HUMAINS | GRAVES VIOLATIONS DU DIH ET ENRÔLEMENT D’ENFANTS À BAMBO (RUTSHURU)
Les événements survenus le 31 janvier 2026 à Bambo, dans la chefferie de Bwito (territoire de Rutshuru, Nord-Kivu), constituent de graves violations du droit international humanitaire (DIH) et du droit international des droits de l’homme, notamment en matière de protection des civils et des enfants en période de conflit armé.
Aux environs de 5 heures du matin, des éléments de la coalition M23–AFC–RDF ont contraint l’ensemble de la population civile — hommes, femmes et enfants — à se rendre de force à un meeting public, sous menace de sanctions sévères et de fouilles maison par maison. Plus de 15 000 civils issus de Bambo et des localités environnantes ont ainsi été rassemblés contre leur volonté.
À l’issue de ce rassemblement, un tri arbitraire et discriminatoire a été opéré au sein de la population. Des femmes, des hommes, des jeunes et surtout des élèves ont été séparés de la foule, arrêtés et emmenés de force vers des destinations inconnues. Les premières informations font état de plus de 1 000 personnes enlevées, dont près de la moitié sont des enfants scolarisés. Les victimes ont été transportées dans des conditions inhumaines et dégradantes, constitutives de traitements cruels prohibés par le DIH.
Ces faits s’apparentent clairement à un recrutement militaire forcé, y compris d’enfants, ce qui est strictement interdit par le droit international. La Convention relative aux droits de l’enfant, son Protocole facultatif sur l’implication des enfants dans les conflits armés, ainsi que le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, qualifient l’enrôlement ou l’utilisation d’enfants dans un conflit armé de crime de guerre. L’enfant est une personne protégée, et sa place est à l’école, non dans les rangs d’un groupe armé.
Par ailleurs, la convocation forcée des civils, les arrestations massives, les déportations et les mauvais traitements violent les Conventions de Genève de 1949, notamment le principe fondamental de distinction, qui interdit de cibler ou d’utiliser la population civile à des fins militaires. La coupure préalable des réseaux de télécommunication dans plusieurs territoires du Nord-Kivu renforce la gravité des faits, laissant présumer une volonté délibérée d’opérer dans le silence et de dissimuler de possibles crimes internationaux.
Au regard de leur ampleur, de leur caractère systématique et du ciblage manifeste des civils, ces actes peuvent être qualifiés de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité, engageant la responsabilité pénale individuelle des auteurs et de leur chaîne de commandement.
Face à cette situation alarmante, il est urgent d’exiger la libération immédiate et sans condition de toutes les personnes enrôlées de force, le retour immédiat des enfants à l’école, la mise en place de mécanismes efficaces de protection des civils, ainsi que la lutte contre l’impunité par des sanctions ciblées et des poursuites judiciaires appropriées.
Le recrutement d’enfants et de civils n’est pas un fait de guerre : c’est un crime.
Le silence face à ces violations constitue une négation des droits fondamentaux et de la dignité humaine.
✍️ TuAm – ONG engagé & Défense des Droits Humains
📍 Nord-Kivu | RDC