05/21/2026
PROGRAMME DE L'EXPÉRIENCE QUÉBÉCOISE (PEQ)
Le plus inquiétant dans ce dossier, c’est que le flou entretenu par le gouvernement dure depuis des mois.
Dans les précédents discours des ministres Christine Fréchette et François Bonnardel, on décelait déjà une intention de limiter l’accès au PEQ aux candidats installés en région.
Puis, à la suite de son voyage officiel en France, la ministre Fréchette laisse maintenant entendre qu’on pourrait aller vers un système de ''premier arrivé, premier servi''.
Le problème, c’est que ce flou devient cruel pour des dizaines de milliers de candidats qui vivent, travaillent et construisent déjà leur vie au Québec. Ils méritent au minimum de la clarté, de la prévisibilité et du respect.
Beaucoup ont fait des choix importants (emploi, études, logement, projets familiaux) en fonction des règles qui existaient au moment de leur arrivée. Aujourd’hui, ils ont l’impression que les règles changent constamment sans qu’on leur explique clairement ce qui les attend.
Quelle que soit la décision du gouvernement, les gens veulent surtout savoir rapidement à quoi s’en tenir pour pouvoir se préparer et prendre des décisions éclairées. Maintenir cette incertitude pendant des mois crée un profond désarroi.
Le recours au ''premier arrivé, premier servi'' serait probablement la méthode la plus brutale pour tenter de satisfaire tout le monde… et finalement personne. Personne ne sait comment cela fonctionnerait concrètement : y aura-t-il une seule date de dépôt ? Plusieurs rondes ? Une plateforme capable de supporter l’afflux massif de demandes ? Quand on voit déjà les difficultés du MIFI à traiter les dossiers du PSTQ et les délais actuels pour l’émission des CSQ, il est légitime de s’inquiéter de la capacité réelle du système à absorber des dizaines de milliers de demandes supplémentaires.
Le gouvernement devrait aussi avoir le courage d’augmenter les cibles de résidents permanents pour les candidats du PEQ pour les deux prochaines années. Cela ne changerait absolument rien au nombre réel de nouveaux arrivants au Québec, puisque ces personnes sont déjà ici. Elles vivent au Québec, y travaillent, y paient des impôts, y consomment et participent déjà pleinement à l’économie et à la société québécoise. Il ne s’agirait pas d’ajouter de nouveaux immigrants, mais simplement de régulariser la situation de personnes déjà intégrées et établies au Québec.