08/06/2026
SUCCESSION ET BIEN IMMOBILIER AU BURKINA FASO
Que dit la loi sur la mutation des droits après un décès ?
Ce que chaque famille burkinabè doit savoir avant qu'il ne soit trop t**d.
Perdre un proche est une épreuve douloureuse. Mais au-delà du deuil, une question urgente se pose dans de nombreuses familles : le terrain ou la maison que papa a laissé, comment faire pour que ce soit légalement à notre nom ?
Ce post vous apporte des réponses claires.
Qu'est-ce qu'une succession immobilière ?
Une succession, c'est la transmission du patrimoine d'une personne décédée à ses héritiers. Lorsque ce patrimoine comprend un terrain ou une maison, la loi exige une procédure spécifique : LA MUTATION PAR DÉCÈS. Elle permet de transférer officiellement le titre du défunt au nom de ses héritiers légaux.
LE GRAND DANGER : sans cette mutation, le bien reste juridiquement au nom du défunt, parfois pendant des années, voire des décennies.
L'erreur classique des familles
Voici ce qui se passe souvent : la famille se partage les biens verbalement ou par un simple accord à l'amiable. Chacun occupe sa part, la vie reprend... et le Titre Foncier (TF) ou le Permis d'Urbain d'Habiter (PUH) reste au nom du défunt.
Cette situation est extrêmement risquée :
- impossible de vendre légalement un bien dont vous n'êtes pas le titulaire officiel;
- impossible d'obtenir un crédit bancaire en utilisant ce bien comme garantie.
EN CAS DE CONFLIT FAMILIAL, c'est celui qui détient le document original qui a le pouvoir légal, pas celui qui occupe physiquement le terrain.
La génération suivante hérite d'une situation encore plus complexe et coûteuse à régulariser.
Ce que dit la loi (RAF n°015-2025/ALT)
La législation burkinabè est très claire :
- l'article 149 soumet toute mutation de droits réels immobiliers à l'instruction du service chargé des domaines compétents.
- l'article 150 précise que toute mutation (vente, donation ou décès) donne lieu au paiement des impôts, droits et taxes en vigueur.
En clair : la mutation par décès est une obligation légale, pas une option.
LES 4 ÉTAPES POUR RÉGULARISER VOTRE BIEN
Étape 1 : Régler la succession civile
Avant toute démarche foncière, vous devez formaliser la qualité d'héritier au niveau civil :
1. Obtenir l'ACTE DE DÉCÈS OFFICIEL à la mairie.
2. Établir la preuve de votre qualité d’héritier. Selon la situation, cela se fait par un ACTE DE NOTORIÉTÉ (établi par un notaire) ou par un CERTIFICAT D'HÉRÉDITÉ (délivré par le tribunal).
Étape 2 : Constituer le dossier de mutation foncière
Le dossier complet doit être déposé auprès de la Recette des Domaines et de la Publicité Foncière (RDPF) de votre commune.
Voici les pièces principales à fournir :
- Demande manuscrite timbrée à 300 FCFA (timbre communal).
- Original du titre du défunt (PUH, Titre Foncier, ou Attestation d'attribution).
- Acte de décès du propriétaire initial.
- Acte de notoriété ou Certificat d'hérédité identifiant les héritiers.
- Le procès-verbal de conseil de famille (homologué par le tribunal, obligatoire pour désigner le mandataire unique de la succession, qu'il y ait des mineurs ou non).
- En présence de mineurs (en plus du PV), les documents de tutelle ou l'ordonnance du juge.
- Procès-verbal d'évaluation ou constat de mise en valeur du bien.
- Copies légalisées des pièces d'identité de tous les héritiers.
POUR LA DIASPORA : vous n'avez pas besoin de vous déplacer. Vous pouvez mandater un notaire ou une agence immobilière professionnelle comme NAFA IMMOBILIER pour agir en votre nom.
Étape 3 : Payer les droits et taxes de mutation
Toute mutation donne lieu au paiement de droits prévus par le Code Général des Impôts (CGI). Ces montants varient selon la valeur du bien, sa localisation et votre lien de parenté avec le défunt.
Étape 4 : Obtenir le nouveau titre
Après instruction, l'administration vous délivre un nouveau titre (PUH, Attestation ou Titre Foncier) mis à jour au nom des héritiers ou de l'indivision successorale.
4 POINTS DE VIGILANCE ESSENTIELS
1. Plusieurs héritiers ?
Même si tous les héritiers sont majeurs, le PROCÈS-VERBAL DE CONSEIL DE FAMILLE est une obligation administrative incontournable pour les Domaines. Il permet de désigner officiellement le mandataire de la succession pour effectuer les démarches. Sans ce document et sans un accord de partage écrit, le bien tombe dans un blocage complet.
2. Un mineur parmi les héritiers ?
Ses droits sont strictement protégés par le Code des personnes et de la famille. La tenue d'un conseil de famille est obligatoire pour dresser le PV et désigner un tuteur légal via une ordonnance de tutelle. Aucun acte de disposition (comme une vente) ne pourra se faire sans l'autorisation expresse du juge des tutelles.
3. Des héritiers à l'étranger ?
Une PROCURATION NOTARIÉE est obligatoire pour que vos représentants locaux puissent signer les documents administratifs à votre place.
4. Vente avant régularisation ?
C'est strictement interdit et illégal (Art. 207 de la RAF 2025). Vous devez impérativement muter le bien au nom des héritiers avant de pouvoir engager une quelconque transaction de vente.
NAFA IMMOBILIER vous accompagne.
Ne laissez pas les tracasseries administratives ou l'éloignement fragiliser votre patrimoine familial. Notre équipe s'occupe de tout :
- Constitution et suivi rigoureux de votre dossier auprès de la RDPF.
- Liaison avec les autorités compétentes (notaires, tribunaux pour les actes d'hérédité, PV de conseil de famille ou ordonnances de tutelle).
- Gestion complète des démarches à distance pour la diaspora.
- Sécurisation juridique totale avant toute transaction.
Régulariser un héritage foncier, c'est honorer la mémoire de vos parents et sécuriser l'avenir de vos enfants.
Bernard SANGO
Consultant en foncier et en immobilier
Associé | NAFA IMMOBILIER
Siège social : Zabré, Burkina Faso (01 BP 11 Zabré 01)
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Partagez ce post dans vos groupes familiaux et de la diaspora. Cette information peut éviter de graves conflits fonciers.